
Le Mouvement associatif appelle à une mobilisation générale ce samedi 11 octobre dans toute la France pour montrer qu’il est désormais au bord du gouffre financier. Dans le Loiret, Orléans et Beaugency sont concernés.
Les associations sont sur tous les fronts. Les associations sont résilientes. Les associations sont un pilier fondamental de la société.
Mais là, « ça ne tient plus », selon le Mouvement associatif. La représentation nationale des associations françaises appelle à une grande mobilisation éponyme partout dans l’Hexagone, ce samedi 11 octobre.
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Dans le Loiret, la mobilisation prendra corps au travers d’un rassemblement sur la place du Martroi d’Orléans entre 15 et 17 heures, et d’un sitting au cours du marché de Beaugency à 10h30, sur la place du Martroi. Un autre rassemblement était envisagé à Fay-aux-Loges, de 9 à 12 heures, mais son organisation est très loin d’être assurée.
À Orléans, des messages pour le président de la République
À Orléans, des prises de parole d’acteurs et actrices du monde associatif sont attendues. Un stand sera aussi installé pour permettre à la population d’écrire des messages qui seront ensuite regroupés par le Mouvement associatif Centre-Val de Loire, puis envoyés à la présidence de la République.

Car l’urgence est bien là. Ce pilier fondamental qui soutient l’édifice « France » est sur le point de s’écrouler, dans l’indifférence presque générale à en croire le Mouvement associatif.
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L’apathie générale pourrait se transformer en ébahissement lorsque le bâtiment se retrouvera véritablement en ruines. Une enquête réalisée en octobre à propos de la santé financière des associations relate que 30% de celles qui emploient des salariés ont une trésorerie inférieure à trois mois. 32% d’entre elles prévoient d’immobiliser ou de réduire leur masse salariale.
67% des associations estiment être impactées dans leurs activités. « Concrètement, cela signifie par exemple une baisse de l’activité ou encore une réduction du nombre de personnes qu’on va accueillir », complète Simon Murier.
« C’est de la mise en danger »
Le chargé de communication pour le Mouvement associatif Centre-Val de Loire complète en évoquant les conséquences catastrophiques que cela peut représenter dans certaines structures exerçant dans des domaines très sensibles. « Au lieu d’avoir un rendez-vous proche, on va se retrouver à décaler ces temps de plusieurs semaines, ajoute-t-il. C’est de la mise en danger dans des cas de personnes en souffrance ou de victimes de violences conjugales par exemple. »
L’argent est le nerf de cette crise que traversent les associations, quel que soit leur secteur. 58% des associations employeuses déclarent que les financements publics ont baissé. « En quinze ans, la part des subventions octroyées aux associations a diminué de 41%, souligne Simon Murier. Ce qui a changé, c’est la façon de soutenir les associations dans leurs initiatives. »
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Les subventions se réduisent et laissent place à de plus en plus d’appels à projets pour tenter d’obtenir un financement pour leurs initiatives, à l’image des marchés publics pour les entreprises dans le cadre d’appels d’offres.
« Le message, c’est : « On veut que vous fassiez ça », ajoute Simon Murier. On est passé à une logique marchande. Il faut être le mieux disant. Ça instaure une concurrence entre associations alors qu’on leur demande de travailler ensemble. De plus, les appels à projets ne financent pas de loyer pour les structures qui ont des locaux. Et répondre à un appel à projets prend beaucoup de temps. »
« Il faut faire confiance aux associations »
La fameuse formule que l’on entend régulièrement lorsque l’on gravite dans le monde associatif : « On passe plus de temps à rédiger nos projets et à les justifier qu’à les mener. » « Nous ne sommes pas du lucratif, martèle Sarah Bourgeade, chargée de mission Observatoire régional de la vie associative au sein du Mouvement associatif. On voit ce que ça peut donner par exemple dans les Ehpad privés ou les crèches privées. Il y a régulièrement des scandales sur les conditions et on ne peut pas forcément se faire de l’argent sur les publics les plus précaires. C’est pour ça que les associations sont là, et qu’elles ont besoin de soutien et de financements pérennes. »
Le Mouvement associatif porte trois revendications principales : « pas un euro de moins pour le monde associatif » ; « un sursaut politique en faveur du monde associatif » avec des « engagements clairs » ; et la mise en place de subventions sur le long terme dans le cadre de conventions pluriannuelles. « Il faut faire confiance aux associations, demande Sarah Bourgeade. Si vous nous faites confiance, on aura plus de temps pour faire nos projets et nos activités ! »
Le but de cette mobilisation est donc d’amener à une prise de conscience des pouvoirs publics, mais surtout de la population qui bénéficie souvent de l’action des associations sans même le savoir. Jusqu’au moment où elles ne seront plus là pour exercer ces services qui sont souvent pris pour des acquis.
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Thomas Derais



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