
Réseau régional regroupant vingt-cinq associations, une centaine d’établissements et plus d’un millier de professionnels, la Fédération des acteurs de la solidarité Centre-Val de Loire a fêté ses 40 ans d’existence le 16 septembre dernier. L’occasion de rencontrer les acteurs et actrices qui gravitent dans ce réseau et qui agissent pour la dignité de toutes et tous.
Quatre décennies d’existence, cela mérite bien de belles festivités et des retrouvailles avec ses amis !
La Fédération des acteurs de la solidarité Centre-Val de Loire, plus communément appelée FAS, a voulu fêter son anniversaire et a réuni ses partenaires le 16 septembre dernier à Mer, puis à Tavers, entre Loir-et-Cher et Loiret.

Un moment important et symbolique pour cette structure faisant partie du réseau national des FAS. Le président de cette fédération nationale, Pascal Brice, était d’ailleurs présent au côté de son homologue régionale, Marie Paul Legras-Froment.
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La FAS Centre-Val de Loire compte vingt-cinq associations adhérentes. « Mais cela fait une centaine d’établissements, plusieurs milliers de professionnels et surtout plusieurs dizaines ou centaines de milliers de personnes accompagnées, insiste Marie Paul Legras-Froment. Et ce sont les bénévoles dans les conseils d’administration, mais qui accompagnent aussi le travail des professionnels au quotidien. »

Cette réunion d’anniversaire des 40 ans de la FAS régionale a d’abord pris place dans les locaux d’une association membre : le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) Lataste, à Mer, géré par Emmaüs Solidarité. Puis aux Ateliers LigéteRiens, à Tavers, une ressourcerie solidaire. Avant d’embrayer dans la salle des fêtes de cette même commune pour terminer cette journée.
Une histoire qui a débuté avec l’hébergement
Le choix de ces structures n’a rien d’hasardeux. La FAS a porté un autre nom lors de sa création et en a pris d’autres avant celui que l’on connait aujourd’hui. Parmi ces appellations, on trouve la « Fédération de l’hébergement ». Elle s’est ensuite emparée des thématiques d’insertion par le travail, puis de la santé et de bien d’autres sujets.
Le CHRS de Mer représente un lieu majeur au sein du réseau de la FAS, dans une commune où « la précarité ne cesse de croître », selon Vincent Robin. Le maire divers gauche de la petite ville de plus de 6.000 habitants observe cette montée de la précarité au travers des associations qui distribuent des repas dans sa ville. « Le nombre de familles inscrites augmente d’année en année, jusqu’au point où elles ne peuvent plus accepter d’inscription », ajoute celui qui tient particulièrement à l’existence de ce CHRS.

La structure gérée par Emmaüs Solidarité accueille une cinquantaine de personnes et compte aussi un hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile (Huda) comptant dix-neuf places pour accueillir des personnes seules ou en famille. « On est particulièrement bien intégrés dans la commune », souligne Pierre-Elie Guillermoz, directeur territorial, qui remercie la population et les élus.
Le centre Lataste de Mer et les Ateliers LigéteRiens de Tavers : deux exemples
Après la première visite, direction Tavers et sa ressourcerie solidaire. Les Ateliers LigéteRiens ont été créés en 2016 alors qu’il n’existait pas de ressourcerie dans le secteur, et dans l’objectif d’« échanger des savoirs », explique Marie-Tiffany Delgado, la directrice.

La structure compte trente-cinq salariés, dont environ un tiers en parcours de transition professionnelle. Sans compter la soixantaine de bénévoles. « Vous trouvez toutes les catégories d’objets que vous trouvez dans la grande distribution, ajoute-t-elle. Cela va du livre en passant par le vêtement, la vaisselle, jusqu’au sport, aux loisirs et aux matériaux de construction. »
Autour, des groupes membres de la FAS tenaient des stands pour évoquer leurs travaux et réflexions. À l’image du collectif Alerte qui travaille sur l’alimentation en général et le gaspillage alimentaire, et qui proposait aux participants un questionnaire à propos de cette thématique.
En soirée, tout ce beau monde s’est réuni dans la salle des fêtes de Tavers pour une série de discours. Le président du conseil régional, François Bonneau, avait fait le déplacement pour saluer les acteurs de la FAS.
« Ça ne tient plus » : une mobilisation des associations le 11 octobre
Le président de la FAS nationale, Pascal Brice, s’est aussi déplacé et a suivi l’intégralité de la journée au côté de son homologue régionale. Le dirigeant a vanté l’ancrage territorial de la FAS Centre-Val de Loire. « Quand on est auprès des personnes à la rue, dans l’hébergement, vers l’emploi, il faut être au plus près d’elles, de leur lieu de vie dans les communes », insiste-t-il.

Le président national met en lumière un autre point fort : réussir à « mettre en évidence et en mobilisation les personnes qui sont accompagnées dans nos structures. C’est l’idée qu’au fond, ce sont celles et ceux qui sont dans la pauvreté et la précarité qui savent le mieux en parler, et que c’est à partir d’elles que nous essayons de construire des propositions pour améliorer les dispositifs d’accueil et les politiques sociales. »
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Un beau tableau, mais qui pourrait être terni par les prises de décisions politiques récentes. La FAS, à l’image d’autres acteurs du monde associatif, s’émeut des restrictions budgétaires et d’une certaine remise en question du rôle des associations dans la société. « Un raidissement de la société, ne nous leurrons pas ! Et ce raidissement, je le vois aussi du côté des pouvoirs publics », martèle Pascal Brice, qui appelle à construire « une forme de pragmatisme », qui « était un gros mot », mais qui va devenir « une qualité » à mesure que les « formes de raidissement idéologique » s’accroitreront ».
La FAS fait d’ailleurs partie des organisations appelant à une mobilisation massive du monde associatif « Ça ne tient plus », prévue pour ce lundi 11 octobre. Après la joie d’une belle fête d’anniversaire, viendra donc le temps de la combativité pour défendre les conquis de ces 40 années.
Podcasts
Retrouvez ci-dessous deux émissions consacrées aux 40 ans de la FAS. Le premier podcast est un reportage d’ambiance au coeur des festivités à Mer et Tavers.
Le second est une rediffusion d’une émission qui avait été diffusée en direct sur Radio Campus Orléans à la salle des fêtes de Tavers le 16 septembre dernier.
Ce plateau réunissait plusieurs interlocuteurs et interlocutrices : Marie Paul Legras-Froment (présidente de la FAS Centre-Val de Loire) ; Pascal Brice (président de la FAS nationale) ; Blandine Grimaldi (commissaire régionale à la prévention et à la lutte contre la pauvreté) ; Florence Besonhé (personne concernée, administratrice de la FAS) ; Yves-Cyrille Tondue (personne concernée, vice-président de la FAS Centre-Val de Loire) ; et Hubert Haas (vice-président des Petits Débrouillards).
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Texte et sujet radio : Thomas Derais
Reportage : Thomas Derais et Viviane Berreur


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