[Pépites pop-rock, épisode 2] The Dandy Warhols et leur chef-d’oeuvre « Thirteen Tales from Urban Bohemia »

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La couverture de l’album.

Grand amateur de musique pop et rock anglo-saxonne, notre contributeur Olivier Cougot nous partage ses souvenirs musicaux, les disques qui l’ont fasciné et les concerts qui l’ont marqué. Deuxième épisode de cette chronique : l’album Thirteen Tales from Urban Bohemia, du groupe américain The Dandy Warhols.

Trois ans après l’excellent The Dandy Warhols come down, en 1997, le groupe de Portland revenait avec Thirteen Tales from Urban Bohemia. Ce disque, comme d’autres, m’a marqué à un moment ou un autre de ma vie.

Début du XXIe siècle. La folie brit-pop commence à s’estomper. Le Royaume-Uni vient de connaître un incroyable revival avec, pour figures de proue, Oasis, Blur, The Verve, Suede ou Radiohead, qui ont tous marqué leur époque et publié au moins un disque marquant.

Un chef-d’œuvre made in Portland

Aux États-Unis, rien d’extraordinaire à se mettre sous la dent période post-grunge. Nirvana n’est plus depuis la mort de Kurt Cobain et il faut bien chercher pour trouver la perle rare, celle qui rendra au rock ses lettres de noblesse.

Si la résistance s’organise avec les Smashing Pumpkins ou Garbage, le RnB vire en tête dans les charts. Si on veut dénicher les trésors, il faut maintenant regarder du côté de Portland, dans l’Oregon.

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Avec Thirteen Tales of Urban Bohemia, les Dandy Warhols signent un chef-d’œuvre et mettent une claque au rock mondial. Une grosse beigne à la Bud Spencer qui fait bien mal. À 18 piges, le groupe sortait un premier disque désordonné et, deux ans après, une perle psychédélique que beaucoup pourraient envier.

Sous les projecteurs

En 2000, la joyeuse troupe baba cool sort un monument pendant que des étudiants cirent encore les bancs de l’école. Une œuvre magistrale qui comptera pour les décennies à venir. Le genre à s’écouter 25 ans après avec le même plaisir, sur une platine vinyle, dans une soirée anonyme ou festive. Le genre que le fantasque Anton Newcombe, leader multi-instrumentiste du Brian Johnston Massacre, aurait aimé sortir.

Il est intéressant, d’ailleurs, de voir les destins croisés du BJM et des Dandy Warhols, expliqués dans le film documentaire Dig!, sorti en 2004. Génie perfectionniste, Newcombe tombe dans les excès, les bagarres et un relatif anonymat, tandis que Taylor et sa bande voient la lumière des projecteurs assez vite en signant avec la maison de disques Capitol.

De mon point de vue, cet album n’a rien de rationnel et frise insolemment la perfection. Comme son nom l’indique, il renferme 13 contes. « 13 » comme le nombre de titres, narrés les uns après les autres façon rock et pop, parfois gospel.

Courtney Taylor-Taylor, fondateur du groupe, au Moroccan Lounge de Los Angeles en 2024. Photo Justin Higuchi (Creative Commons Attribution 2.0 Generic license)

Les titres s’enchaînent comme une belle histoire séquencée, dont la tendre narration vous berce (Sleep) et vous fait jubiler (Solid). Une révolution dans l’histoire du rock. Il suffit de cinq accords et d’un rythme lancinant pour faire de Godless l’intro parfaite, comme l’était Be-In sur l’album The Dandy Warhols come down. Une mise en bouche version trois-étoiles au Michelin avant les génialissimes Mohammed et Nietzsche.

Dans un registre différent, Country Leaver est une chanson acoustique qui commence par un bruit de coq. Une bizarrerie parmi d’autres qui précède les classiques du genre comme Get off et Bohemians like you. Ce dernier, bien connu pour avoir servi dans des spots publicitaires, a dû rapporter un paquet de dollars à ses auteurs, peut-être même assez pour permettre à Courtney Taylor-Taylor d’investir (plus tard) dans ses vignobles français.

Après une dernière salve de grosses guitares (Shakin’), l’esprit country revient sur le titre Big Indian, dans lequel les claviers de Zia McCabe sont plus présents. 13ème conte, The Gospel clôture le chef-d’œuvre, celui d’un groupe de quatre bohèmes de Portland qui ont juste révolutionné l’histoire du rock au début du XXIème siècle.

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Olivier Cougot