« Ne soyez pas spectateurs, on veut se faire entendre ! » : les étudiants d’Orléans rejoignent le mouvement social

L’image actuelle n’a pas de texte alternatif. Le nom du fichier est : WhatsApp-Image-2026-10-05-at-13.44.29-9.jpeg
Environ 150 étudiants se sont rassemblés au départ de l’amphithéâtre Péguy, en faculté de Lettres, Langues et Sciences humaines. Photo Thomas Derais

Une mobilisation était annoncée pour ce lundi 5 octobre sur les réseaux sociaux des Étudiants orléanais en colère ». Elle a eu lieu. Environ 150 étudiants se sont rassemblés à partir de 13 heures avant de partir pour une marche improvisée sur le campus, aboutissant à une rencontre au château de La Source avec le président Éric Blond.

Y a-t-il une chance que l’université d’Orléans rejoigne les lycéens dans leur contestation ? C’est en tout cas ce qu’espèrent certains étudiants qui se sont rassemblés sur le campus de La Source, ce lundi 5 octobre.

Près de 150 jeunes ont répondu à un appel plus ou moins spontané du groupe « Étudiants orléanais en colère » lancé sur les réseaux sociaux et divers canaux.

Divers slogans se sont enchainés au départ. Photo Thomas Derais

Un mouvement sans leader véritable, à l’organisation « horizontale », sans aucun incident à déplorer, sans présence de la police, quelque peu improvisé dans son évolution et qui a démarré devant l’amphithéâtre Péguy, à l’UFR Lettres, Langues et Sciences humaines (LLSH). Il était au départ question d’une « assemblée générale pour le blocus de la fac ». Les étudiants se sont enchainés au mégaphone pour crier divers slogans et mots d’ordre.

Prises de paroles à l’amphithéâtre Péguy.

À lire aussi sur notre site. Les mobilisations lycéennes se sont renforcées ce jeudi 1er octobre : ambiance au lycée Voltaire à Orléans

Toujours dans une certaine improvisation, les étudiants sont ensuite remontés vers le hall de la faculté LLSH, mais ont trouvé portes closes. Les militants ont ensuite amené calmement quelques tables de pique-nique habituellement installées dans la cour du campus pour matérialiser leur blocus.

Quelques tables de pique-nique ont été déplacées consciencieusement devant les portes du hall de la faculté LLSH, sans aucune casse. Photo Thomas Derais

Puis ces mêmes manifestants ont ensuite convergé vers la faculté de Droit, Économie et Management (DEM’O). Un petit tour rapide à l’intérieur des locaux et dans l’amphithéâtre Cantillon, avant de partir vers le château de La Source, siège de la présidence de l’université.

Quelques adultes plus âgés se sont présentés pour aider à la bonne tenue de la marche, notamment un représentant de l’union départementale CGT ou encore le conseiller municipal d’opposition Jonathan Bruneau (PCF). Ce dernier a d’ailleurs récemment porté plainte contre un policier pour une bousculade, ainsi qu’un doigt d’honneur et des insultes proférées à son encontre par un policier devant le lycée Voltaire, lors de la mobilisation du jeudi 1er octobre. Des images avaient alors été filmées par nos confrères d’Actu Orléans, ainsi que par le média militant Info GauchO.

Les étudiants ont marché, d’abord vers le hall de LLSH, puis vers DEM’O, avant de partir pour le château de La Source.

À leur arrivée, vers 14 heures, les étudiants ont rencontré sur le perron Manuelle Rullier, directrice générale des services, et Thierry Artuso, directeur de cabinet du président de l’université. Ces derniers ont tenté de convaincre les étudiants de faire entrer une délégation de quatre représentants, mais le groupe de jeunes s’est montré inflexible : hors de question de se plier au jeu des institutions et de mettre en avant des leaders spécifiques. Les étudiants demandent à rencontrer le président Éric Blond devant le château, à l’extérieur, pour lui exprimer leurs revendications.

Après une demi-heure, le président Éric Blond est venu à la rencontre des étudiants. Photo Thomas Derais

Négociation au point mort, jusqu’à l’arrivée du président Éric Blond une demi-heure plus tard. S’en est suivie une séquence de trente minutes au cours de laquelle les étudiants ont égrainé la liste de leurs demandes au président, qui leur a ensuite répondu. Des demandes tous azimuts concernant notamment les conditions de travail des étudiants.

Échange entre les étudiants et le président de l’université Éric Blond.

Un échange au cours duquel il a notamment été question des horaires de la bibliothèque universitaire de Lettres, Langues et Sciences humaines, s’arrêtant à 18 heures contre au moins 20 heures pour celles des autres composantes.

Il a aussi été question de représentation étudiante au sein des instances gouvernementales de l’université, notamment les six places attribuées sur les trente-six que compte le conseil d’administration. Les étudiants veulent être majoritaires dans ces instances. Alors qu’Éric Blond pointe le manque de participation des étudiants aux réunions des conseils, ces derniers répliquent en indiquant que les horaires de ces réunions ne sont pas compatibles avec leurs horaires de cours et qu’une présence minoritaire, donc non importante dans les décisions, n’est pas de nature à encourager la participation étudiante à la gouvernance de leur université.

Un grand rassemblement de convergence entre lycéens et syndicats est prévu pour le lendemain, ce mardi 6 octobre, en centre-ville d’Orléans, place De Gaulle. Questionnés à propos de leur participation éventuelle, beaucoup d’étudiants présents restent évasifs. Un autre mot d’ordre circule pour l’heure sur le campus : un blocus dès 7 heures, avec une répartition par facultés en fonction du nombre d’étudiants qui se mobiliseront.


La liste des revendications des « Étudiants orléanais en colère »

  • davantage de moyens dans l’éducation « afin d’avoir cours dans une situation sereine » ;
  • l’extension des horaires des bibliothèques universitaires « au moins jusqu’à 20 heures » ;
  • la « fin de la précarisation des professeurs et du personnel administratif » ;
  • la « fin de l’assiduité en travaux dirigés pour l’attribution des bourses et la validation des matières » ;
  • la « fin de la politique incohérente de l’université vis-à-vis de l’intelligence artificielle » ;
  • le retour de l’AJAC (ajournement avec autorisation de continuer, NDLR) dans les filières où il a été supprimé et son maintien dans celles où il est menacé ;
  • la fin des coupes budgétaires gouvernementales (notamment celles concernant les APL) ;
  • la fin de « la hausse souhaitée des frais d’inscription », notamment pour les étudiants étrangers via la politique « Bienvenue en France » ;
  • la « fin de la précarisation étudiante en indexant la bourse sur l’inflation »
  • la « fin de l’utilisation des points ECTS (Système européen de transfert et d’accumulation de crédits, facilitant la reconnaissance des diplômes dans l’espace européen, NDLR) pour accéder à la bourse ;
  • la « fin de la CVEC » (Contribution vie étudiante et de campus, qui finance les projets et activités liés à la vie étudiante, NDLR) et la « demande de transparence sur la gestion passée des fonds CVEC » ;
  • un « revenu universel étudiant » ;
  • la « fin de Parcoursup comme revendiqué par les lycéens » ;
  • la « fin de Monmaster » (une plateforme nationale permettant de candidater en première année des formations conduisant au diplôme national de master, NDLR) ;
  • la « fin du partenariat du CROUS avec IZLY, entreprise israélienne soutenant le génocide palestinien » ;
  • le « boycott de l’application Affluences, utilisée pour récolter des données en vue de limiter le nombre de repas à 1 euro du CROUS » ;
  • « mettre fin aux discriminations islamophobes » ;
  • « mettre fin à la guerre faite à l’abaya et au voile dans les lycées, ainsi qu’au voile dans les universités, (…) aux discriminations au faciès concernant le port du calot en médecine, (…), et de manière plus générale, à la police vestimentaire dans tous les établissements scolaires et académiques ».

Thomas Derais

À lire aussi sur notre site. Les syndicats du BRGM d’Orléans demandent à la ministre Monique Barbut d’intervenir pour leurs salaires