Face au congrès du RN à Orléans en octobre, la gauche contre-attaque avec une journée antifasciste

L’image actuelle n’a pas de texte alternatif. Le nom du fichier est : signal-2026-07-08-17-09-37-387.jpg
Un large collectif de syndicats, d’associations et d’organisations politiques de gauche s’est réuni pour officialiser leur initiative. Photo Thomas Derais

La gauche orléanaise a décidé de contre-attaquer face au Rassemblement national. Le parti lancera sa campagne présidentielle à Orléans lors d’un congrès organisé à Co’Met le 24 octobre prochain. Face à cela, les opposants à l’extrême droite se réunissent et préparent une grande mobilisation le même jour dans le centre-ville, principalement au Campo Santo.

On avait connu le village antifasciste de Montargis l’année dernière, en réaction au rassemblement de l’extrême droite européenne à Mormant-sur-Vernisson. À Orléans, une initiative du même type se tiendra au Campo Santo, les 24 et 25 octobre prochains.

Les différentes forces progressistes de gauche comptent organiser un week-end de mobilisation contre le Rassemblement national, qui tiendra au même moment un congrès à Co’Met pour lancer sa campagne présidentielle.

À lire aussi sur notre site. À Orléans, les fêtes de Jeanne d’Arc penchent de plus en plus à l’extrême droite

Ce vendredi 3 juillet à la Bourse du travail, un large collectif de syndicats, d’associations et d’organisations politiques de gauche ont officialisé leur initiative pour « réaffirmer les valeurs de solidarité, d’égalité, de justice sociale et de démocratie face aux idées d’extrême droite ».

« C’est possible de faire autre chose »

Une vingtaine d’organisations ont, pour l’instant, signé cette initiative et d’autres devraient être conviées et rejoindre le mouvement par la suite. Elles se sont constituées autour d’un bureau de coordination.

Pascal Sudre (secrétaire départemental CGT)

« C’est possible de faire autre chose », soutient Pascal Sudre, secrétaire de l’union départementale CGT, citant le rassemblement antifasciste de Montargis. « Le RN représente notre ennemi dans notre ADN. J’en parle un peu avec émotion, car c’est très important pour nous à la CGT, explique-t-il. On a senti lors des premières réunions cette volonté de mettre un peu de côté nos différences et nos divergences pour ne pas perdre de temps, aller au but et construire dans les meilleures conditions le rassemblement de toutes les forces progressistes. »

Cette réunion était aussi l’occasion de rappeler « les idées mortifères » proposées par l’extrême droite. Plusieurs personnalités politiques locales étaient présentes. Parmi elles, Valentin Pelé, candidat LFI à la dernière élection municipale d’Orléans, a rappelé les « ratonnades » effectuées « dans un silence politique et médiatique effarant ». « Offrir la Ve République à ce genre de personnes, c’est diminuer l’espérance de vie de la plupart des gens autour de cette table, souligne-t-il. De cela, il ne faut jamais oublier que c’est littéralement un combat à mort entre eux et nous. »

Emmanuel Duplessy (député Génération.s), Aymeric Bourgeois (Debout !), Julien Lesince (PS) et Valentin Pelé (LFI), à propos du passé du RN et du danger qu’il représente.

Les prises de municipalités sont notamment évoquées, avec les exemples de Montargis et Amilly dans l’est du Loiret. « Nous avons déjà des alertes, notamment dans les écoles, certifie Laurianne Delaporte, co-secrétaire FSU du Loiret. Déjà, on enlève des droits dans les écoles en éducation prioritaire, là où il y a des élèves issus de l’immigration. » Pour Simon Hérin, de Solidaires Loiret, « on sait ce que ça produit. Ce sont des coupes budgétaires dans les subventions pour la culture, dans tout ce qui va être associatif et social, par exemple au Planning familial, avec les enjeux sociaux qu’il y a derrière. »

Simon Hérin (Solidaires Loiret) et Laurianne Delaporte (co-secrétaire FSU), à propos des mairies et du programme du RN.

L’état d’esprit se veut néanmoins positif par rapport à cette journée de mobilisation. Le député Emmanuel Duplessy (Génération.s) rappelle notamment que les élections législatives de 2024 ont amené le RN à reculer, perdant l’une de ses deux député.e.s. « Nous allons faire la démonstration que l’ouest du Loiret, et plus largement le Loiret, reste un territoire républicain et humaniste », avance-t-il.

Le Campo Santo : un lieu « symbolique »

Le matin du samedi 24 octobre sera consacré à une manifestation en centre-ville contre le RN. S’ensuivront de nombreuses animations au sein du village qui s’installera au Campo Santo. Pour rappel, le village antifasciste de Montargis tenait des stands, tables rondes, ateliers participatifs, shows drag et autres concerts.

Pour les organisateurs, le lieu est « symbolique » avec une mobilisation en centre-ville. « On ne va pas affronter les gens de Co’Met, mais montrer qu’on peut faire autrement et qu’on peut faire venir plus de monde, lance Pascal Sudre. Le but, c’est aussi de remonter le moral et les consciences, s’écouter mutuellement et collectivement. »

Le mot d’ordre : « donner de la joie ». Des artistes sont actuellement contactés pour établir la programmation. On nous annonce déjà la venue du chanteur HK, en attendant d’autres.

À lire aussi sur notre site. Hélène Mouchard-Zay nous a quittés : retour dans nos archives où elle raconte l’histoire de son père Jean Zay

Thomas Derais