
Outre les reportages, les journalistes citoyens et citoyennes de La Rédac Pop peuvent aussi prendre leur plus belle plume pour s’exprimer sur des sujets qui les tiennent à coeur. Voici le billet d’humeur de Steven consacré cette semaine à la politique anti-immigration du gouvernement et son application locale par la préfecture du Loiret.
Il semblerait qu’en France, on peut, en toute décontraction, dire qu’il y a trop de noirs et d’arabes à la télé sans que personne ne s’en inquiète.
Avez-vous entendu la question posée par Darius Rochebin à François Bayrou sur LCI ? « La foule des Français a changé parce que la culture d’avant est en train de changer », selon le présentateur de la chaîne. Mais changer avant quoi ? Il ne le dit pas ! Niveau journalisme, c’est du Elizabeth Levy !
Et la réponse de notre Premier ministre est du même niveau : « Il ne faut pas que l’immigration dépasse une proportion. » Apparemment, il a regardé la France et s’est dit : « Non, là c’est bon, on a assez de noirs et d’arabes, pas plus, sinon ça déborde. » Mais qui est-il pour juger ? Il a un baromètre de l’immigration ? Peux-tu donner tes sources s’il te plaît ?
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Je propose un truc à tous ces gens : comme votre maître Bernard Arnaud veut se barrer, rien ne vous empêche de l’accompagner ! Comme ça, on restera entre nous. Vous aurez alors une raison de dire qu’on fait du communautarisme !
Manifestation devant la préfecture
Et au niveau local, on n’est pas mieux ! Le 31 janvier, lassé d’attendre des réponses de la préfecture du Loiret qui n’arrivent jamais, le collectif immigration de la CGT a organisé une conférence de presse afin de rappeler la réalité des personnes migrantes et les pratiques de l’institution représentante du ministère de l’Intérieur.
Pendant que les Darmanin, Retailleau et autres menteurs professionnels agitent et agissent en fonction des peurs distillées par eux-mêmes, certains continuent d’agir encore en fonction de la réalité. Et je vous laisse deviner où se trouve la préfecture du Loiret là-dedans.
La CGT constate que les délais d’instruction des dossiers s’allongent, même pour les personnes en situation régulière. Pendant que la préfecture traîne, les personnes voient leur contrat de travail suspendu lorsqu’elles ont de la chance et rompu dans le pire des cas.
Et à chaque fois, la perte d’emploi prive des familles de leur seule source de revenus. La perte des revenus entraîne la perte du logement. Et comme tu as perdu ton contrat, la préfecture te refuse le renouvellement parce que tu dois justifier d’un travail. Et donc à terme, OQTF (obligation de quitter le territoire français).
Coupes dans les budgets
On pourrait se dire que l’administration manque de moyens. Et c’est vrai, les personnes en charge du traitement des dossiers n’ont pas de compétences particulières et sont en sous-effectif. Mais en fait, c’est de la faute des dirigeants qui n’arrêtent pas de couper dans les budgets et qui poussent les administrations dans une logique d’entreprise.
À force de saborder le service public et de prôner une politique du chiffre, la prise en charge des personnes devient secondaire. Donc quand vous verrez des gosses à la rue, dites-vous que c’est un choix politique. Et ne comptez pas sur la préfecture du Loiret pour contredire ce choix.
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La plateforme Anef (Administration numérique des étrangers en France), sur laquelle les personnes doivent déposer leurs demandes de titre de séjour, a été pointée du doigt par la Défenseure des droits comme portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes étrangères.
Une réunion prévue : silence radio depuis
Cette plateforme précarise économiquement et socialement les personnes et les éloigne de l’accès à leurs droits. Dans tout cela, la préfecture du Loiret s’était engagée à planifier, sous quinze jours, une réunion technique avec le collectif Colere afin de faire émerger des pistes de résolution. C’était en décembre. Et quelle surprise : la préfecture est bien silencieuse depuis…
Des effets d’annonce ? De l’incompétence ? De la lâcheté ? On vous laisse juger de l’attitude de la préfecture, à l’image de François Bayrou et de son gouvernement.
Comme le ministre de l’Intérieur, la préfecture applique la même idéologie que ne renierait pas l’extrême-droite, au point que même l’intervention conjointe des associations, des travailleurs sociaux et des syndicats ne suffit plus à décrocher la régularisation des personnes qui pourraient en bénéficier.
Les organisations d’aide aux personnes migrantes ont constaté que depuis la loi immigration de 2024, la situation s’est fortement dégradée. La circulaire Retailleau publiée le 23 janvier 2025 est venue parachever la précarisation des étrangers.
Avec le contrat d’engagement républicain, on demande aux étrangers d’être « des super-Français ». Pour la CGT, il est clair que cette lourde exigence manifeste plutôt la volonté de ne pas régulariser les personnes. Et la préfecture applique avec assiduité la politique anti-immigration prônée par le ministre de l’Intérieur.
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Steven Miredin


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