Mobilisation contre la fabrique étatique des sans-papiers : Journée internationale des migrants à Orléans

Après un rassemblement devant le centre de rétention administrative d’Olivet, les manifestants s’étaient retrouvés devant le bureau du séjour de la préfecture. Photo Steven Miredin

Le 18 décembre dernier, le Collectif contre l’expulsion et la rétention (Colere) a battu le pavé orléanais pour la journée internationale des migrants.

Ce 18 décembre dernier, pour la Journée internationale des migrants, le Collectif contre les expulsions et la rétention (Colere) s’était mobilisé dans les rues d’Orléans. Appelées à lutter contre le « racisme et le fascisme », les forces militantes orléanaises avaient organisé deux rassemblements. Le premier s’était déroulé devant le centre de rétention administrative (CRA) d’Olivet. Le second s’était tenu devant le bureau du séjour de la préfecture du Loiret.


« Né.es ici ou venu.es d’ailleurs, légalité des droits, c’est pour toutes et tous ! » (l’un des slogans de Colere) 


En début d’après-midi, Colere avait symboliquement voulu occuper l’entrée du CRA d’Olivet. Le rendez-vous avait rassemblé peu de personnes. Mais il s’agissait avant tout de rappeler que la lutte pour la régularisation des étrangers passe par l’abolition de la politique de l’expulsion.

Les élus de l’Union étudiante, présents lors de l’événement, ont rappelé l’importance de mobiliser les étudiants contre ce genre d’établissement. C’est « inadmissible d’avoir ce genre d’établissement près de la fac », déclare Simon, avant qu’Iris ne poursuive en rappelant que les étudiants sont aussi concernés. Elle faisait référence aux étudiants étrangers qui, à la suite de leurs études, peuvent rencontrer des difficultés à trouver un emploi, privant des étudiants étrangers d’un titre de séjour.

Devant le CRA, il a aussi été question du récent rapport du barreau d’Orléans concernant les violences que subissent les personnes retenues au sein de l’établissement. Étudiants comme militants exigent « l’arrêt des violences au sein du centre de rétention administrative ».

Beaucoup d’engagements…

Malgré les grillages, les barreaux et les murs, les militants présents ont pu récolter quelques témoignages des personnes enfermées au CRA. Ces maigres échanges ont été rapportés lors du second rassemblement de 17 heures.

Interview de l’Union étudiante.

Alors que les forces militantes se rassemblaient aux portes de la préfecture, une délégation armée de revendications était reçue par la préfecture. 

Maigre résultat, car la préfecture « ne fait pas énormément de promesses », ont souligné les syndicalistes à l’issue de l’entrevue.

La principale demande portait sur la délivrance d’un récépissé assortie d’un droit de travailler pour les personnes déposant une première demande de titre de séjour ou de renouvellement du titre.

Une obligation légale que la préfecture ne respecte pas systématiquement. Colere pointe du doigt ce manquement de la préfecture, qui a pour conséquence de plonger les demandeurs dans une situation précaire.

… mais peu de solutions

À cela, s’ajoute le fait que la préfecture n’est manifestement pas en capacité de tenir ses délais de traitement des demandes. Colere a rappelé que ces délais entraînent la perte d’emploi pour les travailleurs immigrés. À cela, le secrétaire général n’a trouvé aucune solution, sauf à ce que les employeurs se manifestent. Une démarche déjà entreprise par bon nombre d’employeurs, d’après le collectif.

Un autre point essentiel ayant été abordé concerne les problèmes de l’Administration numérique des étrangers en France (Anef). Colere, dans son travail d’accompagnement des personnes, a confirmé avoir rencontré plusieurs difficultés avec la plateforme.

Des difficultés confirmées par un rapport récent de la Défenseure des droits. Toutes les défaillances de ce « service » en ligne y sont mises en avant. Ces manquements entraînent pour les personnes migrantes de graves ruptures de leurs droits. 

Conjointement avec Colere, la préfecture s’est engagée à organiser une réunion technique afin de faire émerger des pistes de réflexions.

« Je me sens comme sans-papiers par rapport à mes camarades »

Conscients de porter une lutte collective, travailleurs comme sans-papiers ont fait front commun au côté des forces militantes. Ils ont voulu dire stop à l’invisibilisation dont ils sont victimes. Sortant donc du silence, ils ont défilé dans les rues d’Orléans las d’une administration qui les méprise.

Certains ont accepté de témoigner au micro de Radio Campus Orléans du calvaire dont eux ou leurs proches sont victimes.

Témoignage 1.
Témoignage 2.
Témoignage 3.

Les résultats de cette réunion sont loin d’être satisfaisants pour les personnes mobilisées. Colere attend maintenant un retour de la préfecture qui devrait arriver au cours de ce mois de janvier 2025.

Steven Miredin