[Pépites pop-rock, épisode 6] « Word Gets Around » de Stereophonics, un album parmi les grands du Royaume-Uni

L’image actuelle n’a pas de texte alternatif. Le nom du fichier est : Stereophonics-Elysee-Montmartre-2.jpg
Concert des Stereophonics donné à l’Elysée Montmartre le 20 octobre 2001. Photo d’archives

Grand amateur de musique pop et rock anglo-saxonne, notre contributeur Olivier Cougot nous partage ses souvenirs musicaux, les disques qui l’ont fasciné et les concerts qui l’ont marqué. Sixième épisode de cette chronique : l’album Word Gets Around du groupe gallois Stereophonics. Un disque intemporel aux mélodies mémorables.

Août 2025. À l’espace médias du festival Rock en Seine, trois membres de Stereophonics répondent aux questions d’une journaliste. Derrière, j’assiste à celle-ci avec une attention particulière. Ce groupe, je le connais depuis son premier album, sorti à la fin des années 90. Le leader Kelly Jones n’est pas là pour la promo, mais un autre Jones, Richard, par ailleurs co-fondateur du trio originel, assure l’interview aux côtés d’Adam Zindani (guitare) et Jamie Morrison, jeune batteur venu après le départ de l’argentin Javier Weyler.

Bien que familier des zones mixtes et des têtes bien connues de la musique, je ressens quelque chose de spécial en voyant ces trois-là, même sans leur chanteur. Les Gallois font partie de mon éducation musicale et plus globalement de ma vie. Leur premier album, Word Gets Around, est sans doute l’un de ceux que j’ai le plus écouté, aussi. Un disque aux mélodies implacables et mémorables. Le genre d’objet qui a compté et compte encore, que ça soit pour l’amateur de musique ou les artistes qui l’ont créé.

À lire aussi sur notre site. Malgré les embûches, le festival de musique Hop Pop Hop reviendra en septembre à Orléans

À l’époque, la concurrence, pléonasme ou euphémisme, est féroce au Royaume-Uni. Notamment en Angleterre, où une armée de groupes se partage les parts d’un gâteau nommé britpop. Une année où sortent OK Computer (Radiohead), Be Here Now (Oasis) et Blur de… Blur. Venus de leur petite contrée galloise tels des irréductibles Bretons, Stereophonics se fait une place parmi les grands outre-manche. Musicalement, ils n’ont absolument rien à envier aux poids-lourds de l’industrie et sortent des singles de haute volée.

Des hits en puissance, un disque intemporel

En 1997, ils font l’unanimité en atteignant le haut du classement des charts locaux. Local Boy in the Photograph, More Life in a Tramps Vest et A Thousand Trees sont les singles choisis pour représenter Word Gets Around. Trois titres rock, fruits de l’insouciance de jeunes d’à peine 20 ans, menés par un petit bonhomme à la voix rocailleuse. Dans une cour d’école, le leader Kelly Jones ne pèserait pas lourd et pourtant, il a un charisme fou. Il a la tronche, celle du leader emblématique sans qui le groupe serait bon, mais sans plus. Sans qui il ne remplirait pas les stades, comme le Millennium de Cardiff des années après.

Je m’en rends compte en le revoyant Porte de Saint-Cloud en 2025, 24 ans après le concert de l’Élysée Montmartre, un jour d’octobre. Mais revenons à Word Gets Around, qui a le luxe de laisser Not Up To You au bord de la route promotionnelle. Même si elle a tout du hit, la chanson n’est même pas choisie comme single. Dans la même veine, Traffic, seule chanson acoustique de la première moitié du disque, pouvait aussi être choisie pour inonder les radios. C’est dire le matos à disposition.

Les souvenirs des grands concerts se gardent précieusement.

Contrairement au troisième ouvrage, Just Enough Education To Perform, ce premier essai ne laisse que peu de place aux balades : deux au total. La part est belle pour les titres rock comme Check My Eyelids For Holes ou Same Size Feet, sur lequel Oasis s’inspirera cinq ans plus tard pour The Hindu Times.

Word Gets Around est un disque intemporel, encore recommandable au XXIème siècle. Une époque où le rock a perdu de sa superbe. Heureusement que les œuvres existent pour nous rappeler le bon vieux temps.

À lire aussi sur notre site. [Pépites pop-rock, épisode 5] Embrace, un groupe tellement sous-côté !

Olivier Cougot