Enracinement/Déracinement : le théâtre visuel rencontre la résistance à l’oppression masculine

La pièce explore l’art des ombres et des marionnettes pour représenter les formes de la domination et le refus de la subir. Photo Virginie Meigné

Le jeudi 28 novembre, dans le cadre de la huitième édition du festival Enracinement/Déracinement, la compagnie La Mue/tte a rendu un hommage théâtral aux sœurs Mirabal au théâtre Gérard-Philipe d’Orléans-La Source. À l’issue de la représentation, La Rédac Pop a pu s’entretenir avec Delphine Bardot, co-metteuse en scène du spectacle.

À l’issue d’un partenariat avec la Chaire d’études culturelles dominicaines Soeurs Mirabal, de l’université d’Orléans, la compagnie du Théâtre Charbon a voulu, cette année, rendre hommage à la lutte de ces femmes militantes, dans le cadre de son festival Enracinement/Déracinement, au théâtre Gérard-Philipe.

Impliquées dans la lutte contre la dictature de Rafael Trujillo en République dominicaine, les sœurs ont été assassinées le 25 novembre 1960. La date a ensuite donné naissance à la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux minorités de genre.

Voulant proposer une œuvre artistique autour de cette histoire, le directeur artistique du festival, Thierry Falvisaner, et Catherine Pelage, directrice de la chaire, ont sollicité la compagnie La Mue/tte qui est à l’origine d’un spectacle intitulé Battre encore, créé en 2021, dont les représentations s’étaient interrompues en 2023.

L’histoire met en avant la lutte des soeurs Mirabal en République dominicaine. Photo Virginie Meigné

La compagnie La Mue/tte a donc ressuscité ce spectacle pour deux représentations à Orléans-La Source, ce jeudi 28 novembre.


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À l’issue de la journée, nous avons pu échanger avec Delphine Bardot, co-metteuse en scène et comédienne, sur l’histoire de ce spectacle et son avenir.

« C’est l’histoire de trois sœurs »

Le spectacle Battre encore reprend l’histoire des « Mariposas » (papillons en espagnol), surnom des sœurs Mirabal. Selon la co-metteuse en scène, cette histoire contient « tous les éléments de l’anti-conte de fée ».


L’interview audio de Delphine Bardot


Delphine Bardot explique avoir délibérément voulu s’éloigner de la forme documentaire. Par le théâtre visuel, le spectacle traite de la lutte de femmes qui décident ensemble de poser le « non » à l’homme oppresseur, au pouvoir militaire et l’exploitation.

Traitant des violences faites aux femmes, Delphine Bardot a voulu « travailler sur le corps ». La pièce explore l’art des ombres et des marionnettes pour représenter les formes de la domination et le refus de la subir.

L’art pour traiter de sujets politiques

L’artiste utilise « l’art des marionnettes contemporaines pour traiter de sujets politiques ». Delphine Bardot l’a rappelé à l’issue de la représentation : la question des violences faites aux femmes est un sujet d’actualité.

Un « anti-contes de fées », selon la co-metteuse en scène. Photo Virginie Meigné

En citant l’affaire des viols de Mazan, elle rappelle que la lutte pour laquelle les sœurs Mirabal ont été assassinées est toujours d’actualité. Un spectacle contemporain qui sera sûrement rejoué.


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Steven Miredin