
À l’appel du Collectif féministe 45, plusieurs dizaines de personnes ont battu les pavés d’Orléans, le lundi 25 novembre. Cette action s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, avec d’autres événements prévus jusqu’au 28 septembre.
117 bougies pour 117 féminicides depuis le début de l’année. C’est probablement le chiffre qui restera de ce 25 novembre 2024, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
Devant le tribunal judiciaire d’Orléans, le Collectif féministe 45 a ainsi allumé 117 petites flammes. Un moyen de rappeler que la mobilisation contre les violences du patriarcat exercées à l’encontre des femmes et minorités de genre persiste en France et ailleurs.

Autres temps forts de la semaine autour de la lutte contre les violences faites aux femmes
Mardi 26 novembre de 17h30 à 21 heures. Table ronde « Agir contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif », organisée par la FR-CIDFF Centre-Val de Loire et l’université d’Orléans.
À l’amphithéâtre Simone-Veil de l’UFR Droit Économie Gestion de l’université d’Orléans (11, rue de Blois).
Gratuit. Réservation dans ce lien.
Mercredi 27 novembre à 10 heures pour les scolaires et à 14h30 pour les professionnels et professionnelles. Ateliers-table ronde avec Marie Gervais comme invitée, organisé par la Ville de Saint-Jean-de-Braye. Après avoir subi des violences « conjugales » pendant 8 ans, de 16 à 24 ans, elle intervient aujourd’hui devant différents publics pour mettre à jour les rouages de la violence et du « renoncement à soi » depuis l’expérience intérieure et intime de la victime.
Dans la salle des fêtes de Saint-Jean-de-Braye (189, rue Jean-Zay).
Gratuit.
Jeudi 28 novembre de 14h30 à 16 heures, puis à partir de 20h30. Rencontres avec Lucile Peytavin, organisées par le Planning familial du Loiret avec le soutien de la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité, et du réseau Forum des droits humains. La première partie sera une rencontre-discussion sur le thème suivant : « Pourquoi et comment intéresser les jeunes aux enjeux d’égalité ? » Puis dans la soirée, une conférence sur « le coût de la virilité », titre du livre de Lucile Peytavin, se tiendra, suivie d’une séance de dédicaces à 22h30.
La première rencontre-discussion aura lieu au Centre régional d’information jeunesse (Crij, 3, rue de la Cholerie) et la conférence se tiendra à l’auditorium Marcel-Reggui de la médiathèque (1, rue Chanzy), toutes deux à Orléans.
Gratuit. Réservation pour la rencontre-discussion dans ce lien. Réservation pour la conférence dans ce lien.

Comme chaque année depuis 2018, les associations de défense des femmes, des minorités de genres, syndicats, ainsi que des acteurs et actrices politiques se sont rassemblés devant la préfecture du Loiret pour une marche à travers des lieux symboliques d’Orléans.
Né d’un groupe d’expression au Planning familial, l’association Hibiscus regroupe essentiellement des femmes migrantes qui se battent pour la protection des victimes de mutilations souvent génitales. Leur présence face à la préfecture a été un moyen de dénoncer la précarité dans laquelle l’administration plonge les femmes victimes d’excision. En refusant la régularisation, ce sont des femmes qui se retrouvent exposées à toutes les violences.
Le député Emmanuel Duplessy (NFP), présent lors du rassemblement, a réaffirmé l’importance d’inscrire la notion de consentement dans la définition du viol. Aujourd’hui, la notion de viol, bien trop restrictive, entraîne souvent une disqualification de viols en agressions sexuelles. Un constat insupportable pour les organisations présentes qui mettent en avant le taux trop élevé de plaintes classées sans suite.
Le parlementaire loirétain souhaite également proposer des formations aux agents des administrations judiciaires et administratives.

Les femmes sont encore aujourd’hui victimes de violences sexistes au travail et dans leur couple. Mélanie, présidente du Groupe d’action gay et lesbien 45 Centre LGBT+ Orléans (GAGL45), met en avant que les violences au sein du couple, qu’il soit hétérosexuel ou non, sont principalement le fait d’hommes. Selon elle, il est urgent de rééduquer les hommes.
Pour sortir du prisme des violences, elle propose aussi une transformation d’une classe politique à bout de souffle.
Mathilde, directrice de la fédération régionale du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), évoque quant à elle l’action de sensibilisation aux questions de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Selon elle, il est préférable que cette sensibilisation soit menée par des associations de terrain.

L’intervention des associations en milieu scolaire présente l’avantage d’une plus large connaissance, mais offre également un arbitrage entre le professeur et les élèves.
Lors de sa prise de parole, Mau, de l’association Organisation solidarité trans (OST) a rappelé la dimension mondiale du problème. Les violences sexistes et sexuelles restent encore très présentes dans le monde, envers les femmes, les personnes trans et toutes les minorités de genre.
Selon Mau, il est fondamental que les organisations et associations prennent en compte l’intersectionnalité de la lutte.
Steven Miredin


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