TGV Inoui : à la gare d’Orléans, des jeunes partagés sur l’interdiction des enfants en classe Optimum

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À la gare d’Orléans, les avis sont mitigés sur la polémique des TGV Inoui. Photo Emeline Dallée

À l’université d’Orléans, Radio Campus et La Rédac Pop portent, depuis peu, une unité d’enseignement d’ouverture d’initiation au journalisme. Ces cours, à destination des étudiants et étudiantes de licence 2, visent à développer leur compréhension de la fabrique de l’information et leur esprit critique. Le contrôle continu consistait à produire un reportage écrit, un reportage radio ou un grand entretien radio. Les productions aux notes suffisantes ont la possibilité d’être diffusées dans La Rédac Pop. Dans cet article, Emeline est partie à la rencontre des jeunes voyageurs à la gare d’Orléans. Elle les a questionnés à propos de la polémique visant les TVG Inoui et l’interdiction des enfants en classe Optimum mise en place par la SNCF.

Le 23 septembre 2025, la SNCF a annoncé sur son site SNCF Voyageurs, la mise en place d’une nouvelle classe business Optimum dans les TGV Inoui, dès janvier 2026. Présentée comme une offre premium destinée aux clients professionnels, elle répond à un besoin de calme et de confort, notamment en limitant la présence d’enfants.

Selon son communiqué de presse, cette classe serait pensée pour les attentes très spécifiques de ses clients professionnels. L’interdiction des enfants en classe Optimum permettrait de « garantir un espace de calme et de tranquillité pour les voyageurs souhaitant se reposer ou travailler ».

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Pourtant, cette annonce a suscité une vive polémique auprès du public. Si certains y voient une amélioration du confort, d’autres dénoncent une mesure injuste. Réagissant à la polémique en janvier dernier, la SNCF expliquait que cette classe Optimum ne concernait que 8% des places du lundi au vendredi.

À la gare d’Orléans, nous avons recueilli plusieurs témoignages anonymes de jeunes adultes qui expriment des avis très partagés sur cette question.

« Quand on paie plus cher, c’est aussi pour être au calme »

Pour une partie des jeunes personnes interrogées, limiter la présence d’enfants en classe business semble totalement justifié. Et l’argument qui revient le plus repose sur la tranquillité. Plusieurs considèrent que cet espace est avant tout destiné au repos ou au travail, et que les pleurs ou le bruit peuvent perturber les voyageurs. « Quand on paie plus cher, c’est aussi pour être au calme », exprime l’un d’eux.

D’autres jeunes insistent sur la difficulté de supporter un long trajet dans le bruit, surtout s’il dure plusieurs heures. Certains d’entre eux mentionnent également qu’une mesure similaire aurait déjà été instaurée dans certains pays étrangers, tels que le Japon (plusieurs médias ont récemment rapporté qu’au contraire, au Pays du Soleil-Levant, c’est l’inverse qui est mis en place, NDLR).

Cependant, cette mesure en France est loin de faire unanimité. De nombreuses personnes interrogées estiment que cette décision est injuste pour les enfants. Pour elles, les transports en commun devraient rester accessibles à tous, peu importe l’âge. « Tout le monde a le droit de voyager, peu importe la classe », déclare une étudiante.

Une mesure discriminatoire pour certains passagers

D’autres évoquent le fait que les familles paient elles aussi leurs billets et devraient donc bénéficier des mêmes conditions de confort que les usagers en classe business. L’idée d’interdire les enfants dans les classes business semble parfois exagérée, voire même discriminatoire pour les parents et leurs enfants, selon les dires de quelques passants que nous rencontrons.

Un certain nombre de témoignages vont plus loin en démontrant que la responsabilité revient avant tout aux parents. Selon eux, un enfant calme ne poserait pas de problème particulier dans cette classe premium. « Tant que les enfants respectent les autres passagers, il n’y a aucune raison de les exclure », estime un étudiant.

Pour ces personnes, le problème ne viendrait peut-être pas de l’âge, mais du comportement de l’enfant, ce qui remet donc en question l’éducation que prodiguent les parents.

Des alternatives à envisager

Entre ces deux points de vue opposés, plusieurs avis semblent plus nuancés. Certaines personnes comprennent le besoin de calme tout en refusant une interdiction totale des enfants en classe business. Elles proposent donc d’autres alternatives, comme la création de wagons dédiés aux familles ou bien des espaces spécifiquement silencieux. Le but de ces alternatives serait de respecter les attentes de chacune et chacun, sans exclure une partie des voyageurs.

Au final, l’interdiction des enfants en première classe ne fait pas l’unanimité. Certaines personnes comprennent le besoin de calme et de tranquillité, surtout pour les longs trajets, tandis que d’autres trouvent cette mesure injuste et discriminante envers les enfants.

À la gare d’Orléans, les témoignages montrent très clairement que les avis sont partagés, même chez les plus jeunes. Ce débat montre qu’il est difficile de satisfaire toutes les attentes. Entre le confort des voyageurs et l’accès de toutes et tous aux transports publics, trouver un équilibre reste un réel défi pour la SNCF.

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Émeline Dallée