
Pour la journée du 6 février – Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines – le Planning familial 45 avait de nouveau présenté l’exposition intitulée On ne naît pas mutilées à la Maison des associations d’Orléans. Le vendredi 6 février, les femmes du groupe « Stop à l’excision », du Planning familial 45, se sont retrouvées sur place afin de rendre de compte de l’horrible réalité des mutilations génitales féminines.
Le 6 février est la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Voilà plusieurs années que le Planning familial 45 a inscrit la lutte contre les mutilations génitales féminines dans son programme de lutte contre les violences faites aux femmes.
Un combat qui tend également à accompagner les femmes victimes de ces mutilations génitales féminines (MGF). Afin de sensibiliser le grand public sur ces violences, l’association a ressorti les œuvres réalisées par des étudiants de l’ESAD (École supérieur d’art et de design) d’Orléans. Une exposition proposée à la Maison des associations, créée à partir des récits de ces femmes, dans le respect de leur parole.


L’association accueille dans ses locaux un groupe de parole « Stop à l’excision », où les femmes se retrouvent pour témoigner et partager les violences dont elles ont été victimes. Elles y trouvent les ressources nécessaires pour penser la reconstruction.

Longtemps invisibilisées, ces femmes, accompagnées de Mariame (animatrice du groupe de parole), ont accepté de prendre le micro pour raconter ce que sont les MGF.
Un crime encore inconnu
Les MGF sont des violences infligées aux filles et aux femmes. Elles consistent à mutiler les organes génitaux féminins pour des raisons non médicales, souvent au nom de traditions ou du contrôle du corps des femmes. Elles laissent des blessures physiques et psychologiques profondes et durables.
D’après les chiffres du Planning familial, confirmés par l’UNICEF, plus de 230 millions de femmes et de filles dans le monde vivent avec les conséquences des MGF. Toujours selon le Planning familial, chaque année, 4 millions de filles sont encore menacées. Si le continent africain est le plus largement représenté, des associations comme La Cimade ou l’association « Excision, parlons-en ! » rappellent que l’excision est une pratique présente dans de nombreuses cultures et religions ailleurs dans le monde. Elle est recensée dans une trentaine de pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, mais aussi chez certains peuples d’Amérique du Sud, par exemple.
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Comme le rappellent les femmes du groupe de parole, ces violences concernent des fillettes d’ethnies et de religions variées. Ce qui ressort également de ces témoignages, ce sont les motivations qui ont des origines très variables, qu’il s’agisse des coutumes religieuses, des pressions familiales ou des normes sociales. L’une des femmes parle même d’un « héritage familial ». Une pratique qui peut entraîner une exclusion sociale.

Derrière ces réalités chiffrées, le Planning familial 45 a voulu redonner des noms et des visages à ces femmes et petites filles. Les femmes du groupe « Stop à l’excision » du Planning Familial 45 ont choisi de ne plus se taire. Ce groupe se retrouve une fois par mois dans les locaux du Planning familial pour partager ses histoires, les violences subies, la douleur, mais aussi la colère, la révolte et la volonté de ces femmes de reprendre le pouvoir sur leurs corps et leurs vies. Ces espaces de parole sont des lieux de reconstruction, de solidarité et de résistance.
Émission partie 1
Retrouvez ci-dessous la première partie de notre émission consacrée à la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines.
La violence institutionnelle
Si en France, ces violences sont interdites par la loi, l’État français n’est pas exempt de critiques. Aussi, il faut mentionner la décision du 11 juillet 2024 de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) qui transpose la jurisprudence européenne suggérant de protéger les femmes lorsque celles-ci subissent des persécutions parce qu’elles sont femmes. Ainsi, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) fait des femmes un groupe social susceptible d’être protégé au titre du statut de réfugiée. Les associations militantes et des juristes ont pu dénoncer le décalage avec la jurisprudence antérieure.
Désormais, la CNDA analyse la situation des femmes demandeuses d’asile au regard de leur « perception par la société environnante ». En somme, la juridiction peut refuser la protection à des femmes dès lors qu’il existe des lois visant à lutter contre les violences faites aux femmes. Ce décalage se manifeste dans des pays comme la Guinée qui, malgré des lois contre l’excision, recense un taux de 95% de femmes encore victimes d’excision, d’après l’avocate Maud Angliviel, spécialisée en droit d’asile.
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Ces violences institutionnelles s’inscrivent aussi dans un mouvement de restriction des droits des immigrées, selon l’analyse Lisa Carayon, maîtresse de conférences en droit à l’université Sorbonne-Paris-Nord, et de la responsable des questions de genre à La Cimade, Violaine Husson.
En effet, la législation en matière d’asile impose un examen gynécologique régulier aux fillettes réfugiées en France qui risquent l’excision dans leur pays d’origine. Une mesure qualifiée de traumatisante et discriminante, selon le média La Déferlante, à l’égard des familles demandeuses d’asile.
La présidente de la Fédération Gams (Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles, des mariages forcés et autres pratiques traditionnelles néfastes à la santé des femmes et des enfants), Isabelle Gillette-Faye, dénonce une « mesure de réexamen nourrie de préjugés racistes ».
La présidente de l’association « Excision, parlons-en ! », Ramata Kapo dénonce quant à elle une stigmatisation des mères demandeuses d’asile, qui fait oublier « les risques pris par ces femmes, souvent elles-mêmes excisées, qui fuient leur pays avec des enfants, pour venir en France ». Une procédure qui peut se révéler traumatisante pour des enfants dont « la vulve va être auscultée tous les cinq ans jusqu’à leurs 18 ans ».
Émission partie 2
Retrouvez ci-dessous la seconde partie de notre émission consacrée à la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines
Remerciements appuyés aux femmes du groupe de parole « Stop à l’excision ! » qui ont pris le courage et le temps de témoigner.
Les contacts à Orléans
Le Planning familial 45
02.38.70.00.20
HIAA – Les hibiscus d’ici, d’Afrique et d’ailleurs
07.44.85.98.68
Plus d’infos
Home – Ikambere – Accueil et accompagnement des femmes
Les différents types de MGF – Mille Parcours
Mutilations sexuelles | Arrêtons les violences
Article et émission : Steven Miredin
Photos : Le Planning familial 45
Musique : Fatoumata Diawara – Boloko


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