
Un groupe de personnalités politiques françaises élues s’insurge face au « maccarthysme scientifique » déployé par Donald Trump. Elles appellent les pays d’Europe à accueillir et protéger les universitaires persécutés par la politique du président des États-Unis.
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Retrouvez cet édito en version audio, à l’occasion de l’émission « À bâtons rompus », sur Radio Campus Orléans, ce mardi 4 mars.
À chaque jour aux États-Unis son lot de dingueries intersidérales ! Avec Donald Trump, le pays est désormais en roue libre. Et à titre personnel, je suis très curieux de voir jusqu’à quelle profondeur abyssale peut plonger ce qui est censé être la première puissance du monde, avec toutes les mesures grotesques prises chaque jour par son patron !
Chaque groupe social ou communauté qui lui déplait ou qui réfléchit un tant soit peu porte désormais une cible sur la tête. Les Afro-américains ? Dans le mille ! Les Hispaniques ? Encore dans le mille ! Les LGBTQIA+ ? Toujours dans le mille !
Le cow-boy clownesque dégaine plus vite que son ombre ! Et c’est qu’il sait viser en plus, ce con ! Et désormais, Lucky Trump a posé son revolver sur une nouvelle cible : les universitaires !
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Les États-Unis, le pays de la Nasa, de la conquête spatiale et plus généralement de grandes avancées scientifiques. Le pays du MIT, de Stephen Hawking… Le pays des sciences dures, mais aussi des sciences humaines, celui de Noam Chomsky entre autres. Ce pays qui a créé le concept même de campus, ce nom que nous portons fièrement sur le 88.3 FM ! Les États-Unis, ce pays qui est désormais en train de se mettre à dos ses chercheurs et ses têtes pensantes !
L’idiocratie plutôt que la démocratie
Quelle ironie quand même ! Car non-content de virer de ses administrations les personnes les plus compétentes pour les remplacer par des pantins clownesques et risibles, Donald Trump remet au goût du jour la doctrine du maccarthysme, cette fois appliquée à ses chercheurs. Une expression employée par un groupe de personnalités politiques françaises dans une tribune publiée ce lundi 3 mars dans Libération. Ce texte appelle les États européens à accueillir sur leurs sols les universitaires américains.
Car les chercheurs, gages de la grandeur d’un pays, sont désormais considérés comme des pestiférés aux États-Unis, confrontés « à l’imposition méthodique, brutale et systématique d’une vision réactionnaire du savoir » dans leur propre pays.
Car au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, le régime politique rêvé par Trump tient plus de l’idiocratie que de la démocratie…
Quoi de plus effrayant et dangereux pour un apprenti dictateur comme lui que des gens qui réfléchissent et ne disent pas Amen à tout ! Alors pour les faire taire, on ne les arrête pas, on ne les torture pas. L’extrême-droite actuelle a une solution plus simple, moins polémique, mais tout autant efficace : on ferme le robinet !
On coupe les budgets et on vire !
La tribune de Libé rappelle que le duo formé par Donald Trump et Elon Musk a « drastiquement réduit les financements fédéraux consacrés à la recherche », que « des centaines de postes ont été supprimés » et que la National Science Foundation, l’agence gouvernementale chargée de soutenir la recherche fondamentale, devrait voir son budget amputé de plus de 50%.
Sans compter les instituts nationaux de la santé, qui constituent la principale source de financement de la recherche biomédicale aux États-Unis. Eux aussi vont considérablement réduire leurs subventions aux centres hospitaliers universitaires, mettant « en péril des décennies de progrès en médecine ».
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Les finances sont une arme extrêmement puissante pour faire taire les personnes qui ne vous plaisent pas, mais ce n’est pas suffisant. On ne torture pas, on n’arrête pas, mais on vire à tour de bras, pour des motifs délirants et souvent fallacieux. C’est aussi ce que rappelle cette tribune, qui qualifie la politique trumpienne de « chasse aux sorcières ».
Elle rappelle notamment que le sénateur Ted Cruz, figure de proue de cette croisade contre les chercheurs américains, a ainsi publié une liste recensant des milliers de travaux scientifiques financés par des fonds publics, parmi lesquels des travaux sur les éclipses solaires ou les véhicules autonomes, qu’il qualifie de « propagande néomarxiste » et de « wokisme ».
Plus généralement, les termes « diversité », « inégalités », « racisme », « femmes », « LGBT » disparaissent progressivement des sites officiels, rappellent ces personnalités politiques françaises. Et ce n’est qu’un petit condensé de ce qui se met en place dans une passivité générale que je trouve personnellement incroyable.
L’Europe a « une responsabilité historique »
Face à cette stratégie « méthodique, brutale et systématique », les signataires de ce texte estiment que l’Europe a « une responsabilité historique : offrir un refuge aux scientifiques dont le travail est rendu impossible aux Etats-Unis ».
Ils appellent ainsi à accueillir et protéger ces chercheurs victimes de persécutions, pour garantir la continuité de la production scientifique.
Est-ce que ce voeu se traduira en actes ? Est-il possible pour les Etats européens d’accueillir des chercheurs américains en grand nombre sans pénaliser les universitaires issus des crus nationaux ? Est-on prêt à mettre les moyens pour protéger ces vecteurs de connaissance et profiter de leur savoir inestimable ?
Les investissements nécessaires pour mettre une telle stratégie en place seront forcément importants. Mais le jeu en vaudrait peut-être la chandelle. Face à une superpuissance américaine richissime et surarmée, la meilleure des défenses serait peut-être de s’armer intellectuellement, culturellement.
La politique de Donald Trump risque de transformer son pays en matière noire, vide et sans âme. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je préfère la matière grise.
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Thomas Derais


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