
De nombreux lycées ont été l’objet de mobilisations et de contestations contre la politique éducative du gouvernement en France, dans le Loiret et à Orléans. Parmi ces établissements, le lycée Voltaire s’est fortement animé ce jeudi 1er octobre, dans le quartier de La Source.
L’étincelle de la contestation lycéenne s’était allumée le 21 septembre dans l’académie de Créteil, dans des établissements vétustes et indignes selon les élèves mobilisés. Elle a ensuite mis le feu aux poudres dans l’ensemble de la France, avec des revendications plus larges : notamment l’abrogation de Parcoursup et l’amélioration des conditions de travail dans les classes, en particulier l’augmentation du nombre d’enseignants et la diminution des effectifs d’élèves par classe.
Près de 2.400 manifestants ont été comptabilisés par la préfecture du Loiret dans l’ensemble du département : dans les lycées Monod et Breszska (Saint-Jean-de-Braye), Maurice Genevoix (Ingré), Durzy (Villemandeur), Duhamel du Monceau (Pithiviers), Bernard Palissy et Marguerite Audoux (Gien), Château blanc (Châlette-sur-Loing).
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À Orléans, les lycées Benjamin Franklin, Jean Zay et Charles Péguy sont particulièrement mobilisés, de même que le lycée Voltaire. Dans le quartier de La Source, les élèves se sont regroupés très tôt dans la matinée, dès 7h30 dans une ambiance pacifique, avant l’explosion de pétards une heure plus tard, puis l’incendie de plusieurs poubelles sur l’avenue Voltaire, selon nos confrères de La République du Centre.
Les lycéens, regroupés devant leur établissement, ont été rejoints dans ce mouvement au niveau du trottoir opposé par d’autres jeunes qui ont échangé pétards, tirs de mortiers d’artifice et grenades lacrymogènes avec les CRS.
Plusieurs jeunes font état d’une chaîne humaine formée par un peu moins d’une dizaine de professeurs qui auraient souhaité protéger les élèves. Ces mêmes maillons se sont de nouveau rassemblés autour de 11h15. « Il y a des profs incroyables, qu’on adore et qu’on respecte, qui ont formé une ligne pour nous protéger des CRS, assure Emma, scolarisée à Voltaire. Et les CRS ont lancé des bombes lacrymo sur eux, en sachant qu’eux étaient là juste pour nous protéger. Ils n’ont rien cassé, ils n’ont même pas parlé, ils ont juste fait une ligne pour nous protéger. »

Autour de 11 heures, la mobilisation s’est poursuivie, toujours sous les feux nourris des pétards et les charges lancées par les CRS en direction de jeunes qui remontaient vers la dalle du quartier pour y trouver refuge. Les slogans ont alors fusé, dont ACAB (« All cops are bastards », NDLR). Une Marseillaise a même été spontanément entonnée par les élèves, menés par Gabin et son drapeau rouge honorant la Commune de Paris de 1871.
Pour tous ces jeunes, la soif d’égalité et de justice sociale est palpable. « L’État ne nous écoute pas, souffle Emma. On veut supprimer Parcoursup parce que ça sélectionne les élèves, ça donne plus de chances à ceux qui ont plus d’argent et qui ont plus de liens. » Sa camarade Jeanne dénonce les « préjugés » que subiraient les élèves de Voltaire sous prétexte d’être situés dans un quartier de la politique de la ville. « On se bat aussi contre le manque de profs, ajoute-t-elle. L’année dernière, il manquait une prof de français toute l’année et il y en a qui n’ont pas eu français. Cette année, certains n’ont pas leur spécialité physique-chimie alors qu’ils ont le bac à la fin de l’année. Il n’y a pas de prof de physique-chimie pendant deux mois. »
Les lycéens de Voltaire envisagent de reconduire leur mouvement ce vendredi 2 octobre, comme bien d’autres établissements scolaires de la métropole et du Loiret.
Les regards se tournent aussi vers l’université d’Orléans, alors que la contestation a pris sur plusieurs campus de France. À Orléans, le collectif « Étudiants orléanais en colère » appelle à une assemblée générale le lundi 5 octobre à 13 heures devant l’amphithéâtre Péguy, en faculté de Lettres, Langues et Sciences humaines.
Les réactions de l’académie et de la préfecture
L’académie d’Orléans-Tours affirme suivre « avec la plus grande attention l’évolution de la situation sur l’ensemble du territoire académique ». Elle indique que le recteur, Jean-Philippe Agresti, réunira ce vendredi 2 octobre un Conseil académique de la vie lycéenne « d’urgence », en présence du président de la Région, François Bonneau (PS). « Cette instance, ajoute l’académie, permettra d’échanger directement avec les représentants des lycéens, d’entendre leurs préoccupations et leurs propositions et de favoriser l’apaisement de la situation ».
La préfecture indique de son côté avoir procédé à neuf interpellations dans le Loiret et que cinq policiers ont été blessés. « La proviseure adjointe du lycée Maurice Genevoix d’Ingré a été agressée par un individu et est légèrement blessée. Plusieurs lycéens ont également été blessés par des tirs de mortier des manifestants ainsi que par un lancer de fumigène », ajoute-t-elle.
Thomas Derais
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