
Monique Barbut était en visite à Orléans, ce mercredi 9 septembre. Le déplacement de la ministre de la Transition écologique se concentrait sur la gestion de l’eau et l’anticipation des épisodes de sécheresse. À cette occasion, elle est notamment passée au BRGM d’Orléans-La Source. Les syndicats sont allés à sa rencontre pour demander un alignement de leurs salaires sur ceux de leurs collègues des autres établissements publics à caractère industriel et commercial.
« Si j’avais su que je vous voyais aujourd’hui, j’aurais même appelé avant pour comprendre. Mais je le ferai ! » Ces mots et ce coup de fil à passer à son homologue du Budget, c’est la promesse faite par Monique Barbut devant les représentants de plusieurs syndicats du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) d’Orléans.
Ces derniers étaient venus à la rencontre de la ministre de la Transition écologique lors de sa visite de ce mercredi 9 septembre, dans le cadre d’un déplacement consacré à la gestion de l’eau et à l’anticipation des épisodes de sécheresse.
Ces chercheurs et chercheuses de pointe, pour beaucoup titulaires d’un BAC+8, s’émeuvent du cadrage budgétaire qu’ils et elles subissent depuis « un quart de siècle », et qui les place dans des situations salariales bien inférieures à celles de leurs collègues d’autres établissements publics. « Deux fois le SMIC. Je vous laisse juge… », relatait Christophe Innocent, délégué CGT, à la suite de ce court échange avec la ministre. « On estime qu’on est en retard d’environ 10 à 15% par rapport aux salaires des autres ÉPIC (établissements publics à caractère industriel et commercial, NDLR) », poursuivait-il. « On sent un réel ras-le-bol de l’ensemble de nos collègues sur un pouvoir d’achat qui est en pleine diminution », abondait Éric Proust, délégué CFE-CGC.

Outre la question salariale, il est aussi question du financement des recherches engagées au sein du BRGM. Julie Maury, déléguée syndicale CFDT, souligne qu’il leur est de plus en plus demandé de chercher des financements extérieurs, auprès des collectivités territoriales et des entreprises, alors que « l’État nous sollicite de plus en plus sans nous donner plus de moyens ».
Les conséquences de ce cadrage budgétaire ont donc été expliquées à la ministre au cours d’un échange improvisé et apaisé, tandis qu’elle se rendait à un autre point de sa visite. Monique Barbut a assuré à ces délégués syndicaux que les questions d’eau étaient sa « grande priorité ». « J’ai besoin de vous, leur a-t-elle affirmé. Sans vous, je ne sais pas faire. Donc vous pouvez compter sur le ministère de l’Environnement de toutes les façons, parce que vous êtes stratégiques pour nous. »
La préservation de la ressource en eau est l’une des grandes priorités affichées par la ministre après avoir annoncé, un temps, démissionner du gouvernement en juillet dernier pour protester contre ce qu’elle considérait comme « le recul environnemental de trop », à savoir la loi d’urgence agricole et la réintroduction de l’acétamipride. Démission refusée par le président Emmanuel Macron, alors qu’elle avait initialement indiqué qu’elle ne disposait plus des moyens de mener à bien son ambition.
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Au cours de sa visite, la ministre a d’ailleurs pu prendre connaissance des recherches de pointe entreprises sur le site situé à Orléans-La Source. Les chercheurs et chercheuses ont pu lui présenter, par exemple, une plateforme trinappe, permettant d’étudier le devenir des contaminants à différentes profondeurs dans la nappe souterraine. Un dispositif unique en Europe, matérialisé par trois cuves différentes permettant de reproduire les conditions du terrain en laboratoire, de recueillir des données et de tester des solutions de dépollution. La température des cuves peut d’ailleurs être modifiée pour simuler les conditions liées au réchauffement climatique.

D’autres projets ont aussi été montrés à la ministre, notamment des plateformes de recueil de données très utiles pour la recherche. Par exemple, ADES (le portail national « Accès aux données sur les eaux souterraines ») rassemble, sur un site Internet public, des données quantitatives et qualitatives relatives aux eaux souterraines validées par des experts.
Autant de recherches et d’outils indispensables, alors que les conséquences du réchauffement climatique n’ont jamais été aussi visibles. « Il faut absolument adapter très vite un certain nombre de systèmes », a noté la ministre, affirmant ne pas vouloir revivre 2026. « C’est beaucoup de recherches, de solutions immédiates, et de solutions de moyen et long terme, a-t-elle poursuivi. On ne pourra pas adapter la France entière en 2027, mais en revanche, pour limiter les zones et questions de crise qu’on a vécues cette année, il faut absolument tester tout ce qu’on peut dès cette année. »

Une séquence orléanaise royalement esquivée par Serge Grouard (divers droite). Le maire avait annoncé la veille qu’il n’accueillerait pas la ministre, refusant, « au regard de l’urgence climatique », de « jouer les faire-valoir pour un énième coup d’épée dans l’eau ». La ministre s’était rendue le matin sur le quai du Châtelet pour une première visite de terrain. Après son passage au BRGM, elle a présidé un Comité de suivi et d’anticipation hydrologique délocalisé, une instance permettant de suivre la situation hydrologique, d’anticiper les éventuelles tensions sur la ressource en eau et de coordonner l’action des services de l’État.
Chasse en Sologne
Au cours du point presse, Monique Barbut a été questionnée à propos du procès en cours à Orléans du milliardaire Olivier Bouygues et de cinq autres prévenus. Ces derniers comparaissent pour l’abattage d’espèces d’oiseaux protégées en bande organisée dans sa propriété de La Ferté-Saint-Aubin.
Si la ministre refuse de se prononcer sur le fond de l’affaire, celle-ci étant en cours de jugement, elle a rappelé l’importance de punir les actes allant à l’encontre des espèces protégées. « Si on protège ces espèces, c’est qu’il y a une raison. Ce n’est pas une lubie d’écolo dans une salle complètement déconnectée de la réalité. (…) J’en profite pour dire que les agents de l’OFB (Office français de la biodiversité, NDLR) font juste leur travail. Il faut arrêter de les prendre comme boucs émissaires à chaque fois que quelque chose ne va pas bien. »
Thomas Derais
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