
Grand amateur de musique pop et rock anglo-saxonne, notre contributeur Olivier Cougot nous partage ses souvenirs musicaux, les disques qui l’ont fasciné et les concerts qui l’ont marqué. Quatrième épisode de cette chronique : Coldplay revenant avec A Rush of Blood to the Head, deux ans après le succès inattendu de Parachutes.
En 2000, Coldplay devient un groupe sensation qui n’a vraiment, mais alors vraiment, rien demandé à personne. S’il y a bien des gens qui, dans l’attitude, les gènes ou la musique, sont programmés pour devenir des stars, Chris Martin (leader) et ses collègues n’ont pas le profil. Trop polis, trop timides ou pas la gueule de l’emploi.
Un classique du genre
La légende veut que la maison de disques de l’époque, Parlophone, aurait misé sur un tirage de 50.000 exemplaires pour Parachutes. Dans l’année, le premier album s’écoulera à des millions. Le succès est planétaire grâce à des chansons comme Troubles et Yellow.
À l’été 2002, le quartet sort un deuxième album, cette fois avec le costume d’outsider. À une époque où le rock redevient à la mode avec l’arrivée massive de groupes américains dont le nom commence par « The », Coldplay renforce sa notoriété au Royaume-Uni et l’exporte outre-Atlantique. A Rush of Blood to the Head devient un classique du genre qui renferme des chansons exceptionnelles.
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Avant de devenir un groupe chiant voire parodique post album X&Y, Coldplay était assez cool. Discret. Un groupe dont les membres ne s’habillaient pas encore en Gavroche, alors qu’ils empochaient leurs premiers millions. Un groupe qui ne parlait pas encore trop (quoique) d’écologie alors que ses actions sont antinomiques. Logistique déployée pour les concerts, confettis propulsés dans la foule, gadgets fluos distribués aux spectateurs… En bref, quand Coldplay n’avait pas toute la panoplie de donneur de leçons illégitime.
In My Place, pas qu’un feu de paille
26 août 2002. À l’époque, pas le choix. Le CD est le seul support physique musical (avec le vinyle passé de mode, comme les cassettes). Une époque où aller à la Fnac ou au Virgin Megastore des Champs-Élysées était un plaisir. Visuellement, la pochette de A Rush of Blood to the Head est réussie. L’objet en lui-même est beau. Reste à voir si les musiques qu’il renferme sont au niveau. Largement relayé sur des chaînes du câble comme MTV et MCM, ainsi que sur les ondes radios quelques semaines plus tôt, In My Place donnait un très bon avant-goût de l’œuvre.
Pour le coup, ça n’était pas qu’un feu de paille. Sur A Rush of Blood to the Head, Coldplay a gardé ce mélange de mélodie et de mélancolie. Avec des moyens en plus. Politik fait partie de mes ouvertures préférées. Le titre casse tout. C’est une sorte d’épopée décousue, grosses caisses en avant, conclue par une explosion gutturale.
Dans un registre plus punchy et différent des titres du premier disque, God Put a Smile Upon Your Face détonne aussi par sa déconstruction et l’énergie des refrains. Une bonne compo qui précède le génialissime The Scientist, devenu culte avant même sa sortie comme « simple » en novembre 2022. « Come up to meet you, tell ya I’m sorry, You don’t know how lovely you are » sont des paroles que tout le monde connaît.
Titres punchy et bonnes balades
Si les accords de The Scientist sont vite reconnaissables (ceci est l’apanage des tubes planétaires), ceux de Clocks le sont tout autant, dès son intro. N°29 des charts US, n°9 au UK, ce troisième single est aussi efficace que Daylight où la ligne de guitare est jouée avec un bottleneck.
Plus posée que la première, la seconde partie de A Rush Of Blood to the Head ressemble plus au Coldplay de Parachutes, exception faite du rythmé A Whisper. Balades acoustiques, Green Eyes et Warning Sign sont dans la lignée des anciennes compos de Chris Martin et consorts, comme l’éponyme A Rush of Blood to the Head qui est, à mon avis, l’un des titres majeurs malgré son éviction des setlists du groupe pour la tournée à venir.
Le 27 août 2002, le lendemain de la sortie de ce deuxième album, je vois Coldplay à l’Olympia, à Paris, pour 22 euros seulement. À l’époque où le prix des places était encore abordable. À l’époque où les Anglais se contentaient du minimum scénique et restaient dans un registre pop intéressant. À l’époque où Chris Martin n’affichait que le slogan « Make Trade Fair (faire du commerce équitable) » sur sa main sans en faire un déballage indécent et, encore une fois, antinomique. À l’Olympia, pas de confettis, des prix attractifs et sur scène… un groupe plein d’avenir.
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Olivier Cougot


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