Deux mobilisations internationalistes pour les peuples iranien et kurde se sont tenues à Orléans, fin janvier

La manifestation s’est terminée place du Martroi devant la statue de Jeanne d’Arc.

Les événements internationaux ne laissent pas indifférents les habitants et habitantes du Loiret qui ont organisé plusieurs manifestations de soutien. L’une d’elles était pour le peuple iranien, le jeudi 29 janvier, et une autre pour le peuple kurde du Rojava, samedi dernier.

La semaine dernière, deux mobilisations ont eu lieu à Orléans, jeudi 29 et samedi 31 janvier, en soutien à des pays du Moyen-Orient. La première manifestation, portée par le Collectif féministe 45, dont font partie diverses organisations progressistes orléanaises, a réuni jeudi soir une soixantaine de personnes.

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Les mots d’ordre de l’appel : « contre les mollahs et la monarchie, contre l’impérialisme, pour l’égalité et la démocratie », mais aussi « en solidarité avec les femmes et minorisées de genre, avec les personnes LGBTQIA+ et les peuples d’Iran ».

Contre le massacre du peuple iranien

Les prises de paroles se sont succédé place du Martroi, devant la statue de Jeanne d’Arc, pour dénoncer la répression sanglante subie par le peuple iranien lors des dernières grandes manifestations qui ont agité le pays. Des mobilisations qui ont mobilisé très largement dans le pays et qui dénonçaient la vie chère, mais qui réclamaient aussi plus de liberté et la fin de la dictature.

Une pancarte portée par une des manifestantes en soutien à l’Iran.

On dénombre, selon les dernières estimations, plus de 30.000 morts suite, notamment, à des tirs à balles réelles sur le soulèvement populaire. Après les prises de paroles, le rassemblement s’est terminé sous les slogans « Femme, Vie, Liberté », ainsi que sa version kurde originale « Jin, Jîyan, Azadî ». Cette formule kurde est régulièrement reprise lors des révoltes iraniennes depuis 2022. Une partie de la communauté kurde était présente avec des drapeaux et des messages de soutien.

L’inquiétude de la communauté kurde pour le Rojava

Samedi après-midi, c’est une manifestation en soutien au Rojava (une région rebelle autonome du nord et de l’est de la Syrie) et initiée par la communauté kurde du Loiret qui s’est élancée depuis le parvis de la cathédrale d’Orléans. Plus de 150 personnes étaient présentes avec des banderoles en soutien au Rojava, des drapeaux du leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan, ainsi qu’une banderole en mémoire de deux hommes kurdes tués lors de la lutte armée contre Daech.

Ambiance dans la manifestation.

La manifestation était familiale avec la présence de nombreux enfants qui portaient, eux aussi, drapeaux et foulards aux couleurs du Kurdistan.

Julien, un des manifestants qui nous a été désigné comme porte-parole par les personnes présentes, a accepté de nous accorder quelques minutes pour expliquer les raisons de cette manifestation.

Il explique que les Kurdes au Rojava subissent une pression de plus en plus forte de la part du nouveau pouvoir syrien et de son armée qui regroupe « tout un tas de groupuscules djihadistes ». Les Kurdes, qui s’étaient alliés avec des États européens (dont la France) et les États-Unis dans la lutte contre Daech, peuvent jusqu’ici administrer la région du Rojava. Ils y ont mis en place une nouvelle structure politique démocratique, plus intégratrice des minorités et notamment des femmes.


Interview

Les explications complètes de Julien sont à retrouver ci-dessous.


Après une offensive militaire très violente à Alep, les Kurdes ont dû fuir et dénoncent « des meurtres et des actes atroces » perpétrés par l’armée syrienne. Ils espèrent que malgré cette offensive et la pression syrienne, l’idéal démocratique du Rojava puisse perdurer.

« Un accord très fragile »

Vendredi, un accord fragile a été trouvé entre les FDS (des forces armées qui regroupent des Kurdes, mais aussi d’autres ethnies) et le pouvoir syrien. Les Kurdes auraient obtenu des garanties sur la reconnaissance de leur langue et sur la place des femmes dans la société. Mais Julien précise qu’« il faut quand même maintenir la pression, car c’est un accord qui est très fragile et tout peut basculer d’un moment à l’autre ». Selon lui, Emmanuel Macron aurait joué un rôle dans cet accord afin que les Kurdes, alliés de la France, puissent obtenir certaines garanties du pouvoir syrien.

Une pancarte portée par les personnes qui ont manifesté en soutien à l’Iran jeudi.

Interrogé sur les liens avec la lutte des Iraniens et la manifestation de jeudi, Julien y voit une volonté commune de « se libérer d’un joug islamiste » et « du poids de la religion ».

Une autre manifestation internationaliste se tenait au même moment place de Gaulle en soutien de la Palestine. Cependant, il n’y a pas eu de convergence. Julien explique cela par le manque de structuration du mouvement kurde qui n’a pas encore d’association à Orléans.

D’autres manifestations de soutien aux Kurdes du Rojava auront certainement lieu le week-end prochain. Les Kurdes appelaient d’ailleurs dans leur tract « le peuple français, attaché à la justice et à la liberté, à se tenir aux côtés du Rojava ».

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Sébastien Fourrier