Olivier Besancenot a vu « Rouge » à Orléans

Olivier Besancenot a présenté le film qu’il a coréalisé avec un collectif à Orléans. Photo Steven Miredin

Le 16 janvier, Olivier Besancenot était présent au cinéma des Carmes d’Orléans pour présenter le film documentaire Rouge, la couleur qui annonce le journal. Ce long-métrage, réalisé au côté d’un collectif de réalisateurs et réalisatrices, revient sur l’histoire du journal homonyme au service de la lutte anticapitaliste.

Le 15 mars 1976, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) transforme son journal hebdomadaire Rouge en une presse quotidienne. Pendant trois ans, dans les locaux de l’imprimerie La Rotographie à Montreuil, les militants accompagnent et couvrent les luttes sociales, féministes et internationales de l’époque.

Rouge s’est imposé dans l’espace médiatique au point de rivaliser avec Libération. Une rédaction au sein de laquelle plusieurs grandes plumes ont pu faire leurs armes, comme Edwy Plenel.

Ce jeudi 16 janvier, le cinéma des Carmes d’Orléans a projeté Rouge, la couleur qui annonce le journal, le récit de l’aventure militante. À cette occasion, les militants du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), héritiers de la LCR, étaient présents avec, parmi eux, Olivier Besancenot, leur ancien porte-parole.

« Un regard militant, une épopée journalistique »

Le film-documentaire a été réalisé par l’ancien candidat à l’élection présidentielle (2002 et 2007), et un collectif de réalisateurs et réalisatrices. Il prend la forme d’entretiens filmés d’anciens militants de la LCR ayant participé à l’aventure qu’a été la réalisation de ce quotidien.

Pour préparer ce long-métrage, les militants du NPA ont réalisé un travail de quasi-archivage. Ces derniers, dont Olivier Besancenot a fait partie, ont écumé chaque numéro du quotidien. Le journal a couvert « une bonne partie [des luttes] de cette période politique ». Il a été de tous les combats, tant féministes que sociaux, en passant par les luttes homosexuelles, écologiques et internationales.

Olivier Besancenot estime que cette exhaustivité correspond à la volonté politique des héritiers de mai 1968. Ces héritiers qui pensaient que la révolution était autant possible que proche. Des héritiers qui ont décidé de s’appuyer sur un support informationnel et militant pour porter cette conviction.


Podcast

La Rédac Pop a pu échanger pendant une vingtaine de minutes avec Olivier Besancenot avant la projection du film. Retrouvez cet entretien ci-dessous.


Pour l’ancien candidat à la présidentielle, il est évident que c’est la « foi militante » qui a permis à des non-professionnels de tenir un journal de presse quotidienne pendant trois ans. La conviction d’informer le public pour un changement de la société. Rouge a été avant tout une initiative militante qui est, par la force des choses, devenue une épopée journalistique.

« La presse bourgeoise ment, Rouge dément »

Rouge restera une expérience bien singulière dans le monde militant. Une expérience qui a fait émerger des grandes plumes comme Edwy Plenel qui deviendra l’un des fondateurs de Médiapart

Les anciennes plumes du journal se sont retrouvées à l’occasion du tournage de ce documentaire. Capture d’écran

Ces militants ont proposé une voie alternative aux médias mainstream. Par leur « volonté d’émancipation », ils ont posé les codes de la presse indépendante. Une presse capable de lutter contre le récit des médias des milliardaires toujours plus avares et influents.

Au-delà du journal Rouge, il reste une information indépendante qu’il faut « faire vivre autrement ».

Par ce retour d’expérience qu’a été Rouge, Olivier Besancenot invite le public à réinventer la presse libre, à imaginer des lieux protégés, le plus possible, des codes de domination. Selon lui, c’est par la création d’espaces communs que le peuple pourra aboutir à l’émancipation.

« Unité et radicalité » sont les mots d’ordre du militant contre une extrême droite soutenue par des empires médiatiques « bollorisés ».

Steven Miredin