La Mauritanie entre fiction et histoire personnelle : Jean-Pierre Paulhac raconte son livre « Une parenthèse de sable »

Le sable est omniprésent dans le roman de Jean-Pierre Paulhac, qui a passé plusieurs années de sa vie en Mauritanie.

Écrivain et poète loirétain, Jean-Pierre Paulhac produit régulièrement des livres. Son dernier roman, Une parenthèse de sable, narre l’histoire d’un universitaire de droite et aux idées coloniales partant sur les traces de son arrière-grand-père militaire, mort en Mauritanie en 1909. La Rédac Pop a reçu l’auteur, par ailleurs animateur sur Radio Campus Orléans, pour parler de son ouvrage dans le cadre d’une émission d’une heure.

Les habitués de Pause Poésie, sur Radio Campus Orléans, le connaissent par coeur. Jean-Pierre Paulhac, l’animateur de cette émission, aime écrire.

Productif, le poète apprécie tout autant la prose et le roman. En témoigne son histoire, Une parenthèse de sable, sortie l’année dernière et qui a fait l’objet d’une émission d’une heure de La Rédac Pop, sous forme d’un long entretien en studio.


Podcast

Retrouvez ci-dessous notre émission d’entretien avec Jean-Pierre Paulhac consacrée à son roman, dans laquelle il explique son histoire, ses choix de narration et évoque la Mauritanie, ce pays qui l’a profondément marqué.


Le livre met en scène Régis Leblanc, universitaire reconnu pour ses travaux sur l’État colonial, s’installant en Mauritanie dans le cadre de la coopération française dans les années 1980-1990.

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Homme de droite convaincu, Régis est particulièrement attaché à la figure de son arrière-grand-père, Luc Leblanc, militaire décédé en 1909 dans le pays africain dans le cadre de la mission de « pacification » commandée par le colonel Gouraud dans l’Adrar.

« La Mauritanie est le pays qui m’a le plus marqué »

Jean-Pierre Paulhac

Parti dans ce pays qui a vu son ancêtre mourir, il va voir ses certitudes quant à ses opinions sur la colonisation française s’effriter peu à peu au fil de l’histoire.

L’auteur n’a pas choisi la Mauritanie par hasard. Il a passé 25 ans de sa vie en Afrique, cheminant dans cinq pays différents : Cameroun, Tchad, Congo, Mauritanie et Bénin. Mais il est catégorique : « La Mauritanie est le pays qui m’a le plus marqué, surtout par son paysage. Le désert vous interpelle. c’est quelque chose qu’on ne peut pas imaginer ! »

On regrette d’ailleurs que ce pays ne soit pas tant exploré que cela dans le livre. Si les spécificités culturelles, historiques et géopolitiques de la Mauritanie, ainsi que les débats sur la colonisation, sont souvent très bien expliqués, on reste un peu sur notre faim et on a le sentiment que ces séquences auraient mérité d’être plus nombreuses approfondies dans ces plus de 420 pages. C’est, du reste, ce que nous avons pu approfondir avec l’auteur au cours de notre émission.

À la lecture du synopsis du roman, nous pouvions nous attendre à en apprendre énormément sur la Mauritanie, à ce que ce pays même soit le personnage principal de l’oeuvre. Jean-Pierre Paulhac toutefois son choix : la Mauritanie est avant tout une « toile de fond » et le livre se centre totalement sur la figure de Régis Leblanc, cet homme pour lequel le point de vue interne est utilisé et qui ne nous inspire que bien peu de sympathie, et certainement à dessein pour l’auteur.

Des relations souvent érotisées

Jean-Pierre Paulhac effectue régulièrement des allers-retours réguliers entre le passé et le présent de son personnage principal, qui va construire et déconstruire sa personnalité au travers de ses relations (très souvent sexuelles et érotiques) avec quatre femmes aux parcours et aux personnalités totalement différentes.

L’insistance sur ces relations charnelles tout au long du roman peut d’ailleurs déstabiliser si l’on se fie au synopsis du livre qui ne donne aucun indice sur la tournure que va prendre l’écriture. Ces relations, certes très bien écrites, s’étalent tout au long de l’oeuvre et peuvent rapidement lasser. On regrette aussi que ces femmes soient d’abord et avant tout résumées par leur corps.

Le protagoniste est un « lâche »

Là encore, l’auteur s’en justifie. « Je voulais montrer des scènes différentes pour chaque situation, pour vivre la sexualité de façon très différente, souligne-t-il. Oui, l’érotisme fait partie de l’écriture romanesque, de la poésie. Ça m’intéressait de mettre cela. Stendhal met les personnages dans la chambre et il ferme la porte de la chambre. C’est son choix. Moi, j’aime bien aller un peu au-delà parce qu’il se passe aussi des choses après. » Au point d’en faire un peu trop ? « Les gens qui me connaissent ont l’habitude et là, parait-il, je me suis bien retenu », sourit-il.

Le protagoniste est, lui, de l’aveu même de l’écrivain, un « lâche », oscillant entre idées anticonformistes de jeunesse, et opinions bien plus traditionnelles, sans jamais s’affirmer véritablement, et ce, jusqu’à la fin de l’histoire. Ce dernier reste tiraillé et influencé par les femmes qu’il rencontre et sur lesquelles il tente, lui aussi, d’exercer sa propre influence, consciemment ou inconsciemment.

Au final, cette tentation de rompre avec son milieu n’aura été qu’une « parenthèse de sable », comme le titre l’indique. Mais Jean-Pierre Paulhac l’assure : le personnage de Régis « ne sera quand même plus comme avant ».

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Pratique

Pour commander le livre, contacter Jean-Pierre Paulhac par le biais de Radio Campus Orléans ou le rencontrer sur des salons du livre auxquels il participe régulièrement. Le prochain sera à Ormes, le 23 mars.


Thomas Derais et Steven Miredin