Écrire la parole inaudible : l’ex-élu orléanais Pascal Martineau couche son blog « DazibaO » sur papier

Pascal Martineau a présenté son ouvrage aux Temps modernes, à Orléans. Photo Steven Miredin

La librairie des Temps modernes d’Orléans a accueilli Pascal Martineau, le samedi 8 février, pour la présentation de son livre DazibaO. L’occasion pour l’ancien conseiller municipal socialiste de revenir sur dix ans de vie d’un blog qui proposait une lecture de l’actualité très peu audible.

Pendant une dizaine d’années, DazibaO a été l’outil d’expression de Pascal Martineau, militant au Parti socialiste. Par son blog, né en 2004, l’ancien conseiller municipal a suivi la vie politique à Orléans.

Il a fait de son blog son moyen d’expression. Un moyen d’exprimer une voix en opposition avec la parole très droitière du maire Serge Grouard.

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Le samedi 8 février, l’écrivain public était présent à la librairie des Temps modernes pour présenter son livre. En présence de l’ancien maire Jean-Pierre Sueur (PS) et de Patrick Communal, avocat orléanais à la retraite et militant pour le droit des migrants et des sans-papiers, il est revenu sur les raisons qui l’ont poussé à compiler ses articles.

Un baromètre des luttes de l’époque

À l’image du travail d’archiviste, Pascal Martineau a compilé l’ensemble de ses articles en un livre. Celui-ci reprend par ordre chronologique l’ensemble de ses billets d’analyse de la vie politique locale.

Ainsi, en parcourant l’ouvrage, il dresse une frise chronologique des luttes juridiques et politiques qui ont traversé cette époque. 

Interrogé sur ce qu’il retenait de cette décennie, il cite « le manque d’ambition constant de Serge Grouard », ainsi que « le combat pour la deuxième ligne de tram ».

« Parler de la vie politique à la vue de tous »

Le dazibao (littéralement « journal à grands caractères ») en Chine est une affiche rédigée par un simple citoyen, traitant d’un sujet politique ou moral, et placardée pour être lue par le public. Le mot est employé pour désigner des publications non-officielles. Les dazibaos ont été des éléments clé de la révolution culturelle lancée par Mao Zedong en 1966. 

Patrick Communal et Jean-Pierre Sueur étaient aussi présents lors de ce rendez-vous à la librairie orléanaise. Photo Steven Miredin

Calqué sur l’image des dazibaos, le média de l’ancien conseiller municipal a été conçu comme un moyen d’expression d’un contre-discours, car « l’opposition a peu la parole avec Serge Grouard ». Pour Pascal Martineau, il s’agissait « d’une manière de faire valoir des points de vue différents de ceux exprimés dans la majorité municipale ».

Rouvrir des espaces d’expression

Sur les grands médias, la parole contestataire peut être bâillonnée, les réseaux sociaux comme X et Meta appartiennent à des milliardaires fascistes. Au Parlement, l’opposition est systématiquement diabolisée quand elle apporte la contradiction dans les discussions.

Le rachat de X (ex-twitter) par Elon Musk et la profusion de fake news a rouvert la question des espaces d’expression. Des médias, des associations et des partis politiques ont quitté le réseau social pour d’autres plateformes. Un pan de la société peine à trouver des lieux pour porter leur parole dans l’espace public.

Le livre DazibaO démontre que le problème est ancien. Si l’ouvrage de Pascal Martineau n’est pas révolutionnaire sur la question, il a le mérite de réactiver la réflexion. Investir le débat ne peut se faire autrement que par les réseaux ou les médias. Il ne s’agit pas de réactiver les blogs, mais il y a peut-être ici, les germes d’un nouvel imaginaire. 

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Steven Miredin