« Le cinéma est avant tout un art de partage » : entretien avec Victor Norek, vidéaste et auteur

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Victor Norek lors de la sortie du deuxième volume de sa série L’oeuvre de Steven Spielberg. L’art du blockbuster. Photo BHSP La Dépêche du Midi

À l’université d’Orléans, Radio Campus et La Rédac Pop portent, depuis peu, une unité d’enseignement d’ouverture d’initiation au journalisme. Les productions aux notes suffisantes, proposées par les étudiants et étudiantes inscrits, ont la possibilité d’être diffusées dans La Rédac Pop. Jeune passionné de cinéma et scénariste/réalisateur, Aubin nous propose un entretien avec Victor Norek, vidéaste et auteur plus connu sur YouTube sous le nom du Cinématographeur. Une interview pleine de conseils pour les jeunes qui veulent se lancer dans l’aventure du cinéma.

L’un des plus grands plaisirs, lorsqu’on aspire à devenir réalisateur/réalisatrice, est de prendre une caméra et de tourner quelque chose avec. Cependant, il faut que ce quelque chose soit bien raconté.

Un film est avant tout une succession d’images. Mais pour comprendre ce qu’elles cherchent à raconter, une grammaire de la mise en scène est un outil majeur. Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec le vidéaste et auteur Victor Norek, alias le Cinématographeur sur YouTube, sur ce sujet. Pour lui, avoir envie de raconter une histoire, c’est important, mais savoir de quelle manière on va la transmettre, c’est essentiel.


Le cinéma est une chose qui nous rassemble, notamment par le fait de regarder énormément de films et de chercher à les comprendre en les décryptant. Quelle est, selon toi, l’importance de l’analyse dans l’apprentissage de la réalisation pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices ?

Je pense que l’appréciation d’un film est avant tout le plus important. Il est nécessaire, à mon avis, de pouvoir être capable de combiner le regard de spectateur et celui de passionné/professionnel. L’analyse est la deuxième étape. Comprendre le sens des images permet d’apprécier un film à un plus haut niveau. De nos jours, avec Internet, les réseaux sociaux, on a accès à tout, tout le temps, partout, très vite. Le cinéma, ce sont des images qui vont vite, 24 images par seconde qu’on ne voit pas. Cependant, quand on s’attarde sur ce qu’elles cherchent à raconter, on peut comprendre comment une histoire est racontée.

L’analyse est donc la quête d’une « substantifique moelle », comme en littérature. Avec ton rôle de passeur, t’arrive-t-il, lors de la rédaction de tes analyses, qu’elles soient en vidéos ou en livres, de les imaginer comme de possibles sources d’inspiration pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices ?

C’est secrètement mon espoir. Il m’est déjà arrivé de recevoir des messages de réalisateurs ou de scénaristes qui m’ont partagé le fait qu’ils aimaient beaucoup ce que je faisais. Bien évidemment, ça reste du cas par cas, mais selon moi, le cinéma est avant tout un art, un travail de partage et de constant apprentissage. Différents corps de métiers composent cet art, et même s’il n’est pas frontal, le partage est essentiel pour qu’une histoire puisse être racontée.

En général, les différents postes, lors de la conception d’un film, sont présentés comme à part. L’écriture de scénarios est souvent la porte idéale pour commencer à travailler le cinéma d’un point de vue pratique. C’est un premier pas qui peut se faire seul et qui ne nécessite aucune connaissance. Une personne qui se lance (ou veut se lancer) par l’écriture doit-elle posséder des connaissances d’analyse de mise en scène ?

On peut faire un bon film avec une mauvaise mise en scène, mais jamais avec un mauvais scénario. C’est ce qu’Alfred Hitchcock disait. Pour ma part, je pense que c’est encore une fois, une question de cas par cas. Plus le scénario va avoir des idées de mise en scène, plus le film sera fait d’images fortes, car c’était à la base dans l’écriture. Pour parler un peu du réalisateur que j’ai le plus étudié, Steven Spielberg, c’est un réalisateur qui aime dialoguer avec ses scénaristes. Cela implique une forme de corrélation entre différents corps de métier qui ne peuvent rendre le film que plus intelligent dans sa narration, car il y a eu un travail approfondi de collaboration. Les meilleurs scénarios sont le fruit d’une bonne collaboration entre le metteur en scène et les scénaristes.

Dans une vie de jeune réalisateur/réalisatrice, il y a un jour le moment du premier tournage. La première expérience du tournage doit-elle être quelque chose de très préparé, une analyse de ce qui s’apprête à être tourné en quelque sorte, ou bien au contraire, cette première fois doit-elle laisser place à la spontanéité ?

On peut parler d’un outil spécifique pour cette question, c’est le storyboard (dessiner plan par plan le film en amont du tournage, NDLR). Certains réalisateurs diront qu’avec un tel objet, on perd la spontanéité, et ce que l’inconnu et l’imprévisible peuvent offrir. Néanmoins, penser sa mise en scène en amont permet aux jeunes cinéastes de savoir où ils vont, et donc d’en faire un fil conducteur pour garder le cap.

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Propos recueillis par Aubin Thiebart