
Les Renards d’Orléans sont l’équipe senior de hockey sur glace d’Orléans, évoluant dans la poule A de la Division 2 du championnat de France. La Rédac Pop vous fait découvrir ce club qui joue régulièrement à la patinoire au travers d’un choc de haut de tableau : un match qui les a opposés, le 17 janvier dernier, à La Roche-sur-Yon, l’équipe qui était leader du championnat à ce moment.
Il y a encore six mois, les Renards n’étaient pas passés loin de la catastrophe. L’Orléans Loiret hockey sur glace s’était vu refuser son dossier d’engagement en deuxième division du championnat de France par la commission fédérale de contrôle de gestion. Avant le soulagement, le 5 septembre 2025, grâce à une conciliation auprès du Comité national olympique et sportif français.
Le club a donc pu repartir pour une nouvelle saison avec des ambitions. L’occasion, pour La Rédac Pop, de s’immerger, le temps d’un match, dans cette galaxie relativement peu connue du hockey sur glace dans l’univers très fourni des sports collectifs que compte la France.
C’est à l’occasion de la réception du Hockey sur glace yonnais (Hogly), le samedi 17 janvier, que nous avons posé nos micro, carnet et stylo pour découvrir ce club. Les Renards sortaient de deux victoires consécutives : une gifle cinglante infligée aux Dragons de Rouen (9-1) et un succès à l’arraché en déplacement à Reims (5-6).
C’est donc plein de confiance que les Orléanais abordaient cette treizième rencontre de la saison contre les joueurs de La Roche-sur-Yon. Un concurrent direct pour les premières places de la poule A dans laquelle dix équipes françaises bataillent.
Podcast
Ci-dessous, vous pouvez écouter l’émission La Rédac Pop consacrée aux Renards d’Orléans
Ouverture du score des visiteurs
C’est sous une grande acclamation de la foule orléanaise que le match a débuté. Les supporters étaient présents et se faisaient entendre.
Au cours du premier tiers temps, les deux équipes montraient qu’elles étaient motivées pour ce choc et prêtes à rentrer avec la victoire en main. La preuve avec le Hogly qui ne perdait pas de temps en prenant les devants à la douzième minute de jeu. Une ouverture du score signée Maël Bouillet, assisté par Hugo Laporte, accompagnée d’applaudissements fair-play de la part des supporters locaux.
Malgré ce premier but, les Renards ne perdirent pas leur concentration, avec la victoire en ligne de mire. Et la récompense se présenta au bout de quatorze minutes de jeu avec une pénalité pour obstruction infligée à Clément Lallemand, le mettant temporairement sur la touche.
Qu’est-ce qu’une pénalité mineure ?
Lorsqu’une pénalité mineure est infligée à un joueur, ce dernier s’assoit sur le banc dédié à cette sanction pour une durée de deux minutes. Les équipes comportent cinq joueurs de champ en plus du gardien de but. Deux pénalités mineures peuvent se cumuler, mais une équipe ne peut pas être réduite à moins de trois joueurs de champ. La pénalité s’annule en cas de but adverse.
À la seizième minute, c’est Arthur Chauvet qui se retrouva à son tour sur le banc de pénalité, aggravant davantage l’infériorité numérique de l’équipe visiteuse, laissant seulement trois joueurs contre les Renards au complet pendant une quarantaine de secondes. Le temps nécessaire pour permettre à Aleksis Burkits, numéro 27 des Renards, d’égaliser, assisté par Roberts Vitols et Alexandre Comte.
Et malgré le retour en jeu du premier joueur yonnais pénalisé, Orléans restait en supériorité numérique. De quoi donner à Damir Shafeev l’espace suffisant pour inscrire un deuxième but, porté par l’énergie de son équipe. Une belle façon de clôturer le premier tiers de ce match (2-1).

Sept minutes après le début du deuxième tiers, et malgré une bonne défense du Hogly, Aleksis Burkits parvenait à inscrire un troisième but pour les Renards. Quatre minutes plus tard, une pénalité infligée à l’Orléanais Sylvain Loua rééquilibrait les débats, permettant à Maël Bouillet d’inscrire son deuxième but du match, grâce à la passe de son coéquipier Quentin Durand.
Les Orléanais mettent un petit écart
6 minutes avant la fin du deuxième acte, les Renards tentèrent une percée, mais sans conclusion positive. L’acclamation des supporters orléanais, qui a accompagné ce moment fort, a quand même eu le mérite de donner des ailes aux joueurs locaux.
Après un coup de genou, Miska Varjosaari, numéro 40 du Hogly, n’a pas échappé à une pénalité majeure. Cinq minutes d’infériorité numérique pour son équipe et une expulsion pour lui, mettant les siens en difficulté.
Pénalité majeure
Le joueur concerné est envoyé au vestiaire. Son équipe joue pendant 5 minutes en infériorité numérique et un joueur substitut doit aller sur le banc de pénalité durant ce laps de temps. La pénalité de 5 minutes ne peut pas être annulée en cas de but adverse, contrairement à la mineure.
À 4 contre 5, les Renards reprenaient l’ascendant. Roberts Vitols marquait le quatrième but de son équipe (son second personnel), assisté d’Aleksis Burkits, donnant à l’équipe une belle avance sur leur adversaire avant l’entame du troisième tiers de ce match (4-2).
Malgré les applaudissements des fiers supporters orléanais, le Hogly avait décidé de prendre le taureau par les cornes pour ce dernier acte. Avec un troisième but encaissé à la 47e minute à cause de Tyler Rollo, les Renards sentaient le souffle de leurs adversaires dans leurs cous.
Au cours des six dernières minutes, la fatigue se faisait ressentir et les pénalités se sont succédé de part et d’autre dans une tension palpable, dont une bagarre entre deux joueurs. Alors que la fin du match approchait, un événement inattendu s’est produit. Les dernières secondes de la rencontre n’ont pas été prises en compte en raison d’un problème technique du compteur. Ce temps manquant a ainsi été rejoué. « Plus que 6 secondes ! », s’exclamait un public orléanais impatient de fêter sa troisième victoire consécutive.
Et c’est sous un tonnerre d’applaudissements que les Renards remportaient finalement cette troisième victoire de suite. Gilbert Ledigarcher, manager de l’équipe d’Orléans, en profitait pour remercier fièrement les supporters.

Ce succès acquis face à un concurrent direct replace Orléans dans la course à la première place de la poule A. Une semaine plus tard, c’est une quatrième victoire de suite qui a été obtenue de main de maître en déplacement au Tornado Luxembourg. À l’heure où nous écrivions ces lignes, les Renards pointaient à la troisième place du classement, à 2 points du Hogly et à 4 points du leader Brest.
Le club et son identité
L’équipe des Renards participe pleinement à l’identité du club, créé en 1977 sous le nom de l’USO Hockey sur glace. En 2000, une nouvelle structure a vu le jour sous le nom d’Orléans Loiret hockey sur glace, après le dépôt de bilan de la première en 1999.
Le club adopte un logo représentant un renard issu d’un concours de dessin. C’est ce symbole qui a donné au club son surnom.
Au-delà de son histoire, le club se distingue par les valeurs qu’il souhaite transmettre, d’après Gilbert Ledigarcher : « Les valeurs du club, c’est le travail. Si on veut avoir des résultats, il faut travailler tous les jours, être concentré, appliqué et véhiculer une bonne image, dans le club, dans les vestiaires et dans la ville d’Orléans. »
« Un pour tous, tous pour un »
Ces valeurs se retrouvent au quotidien à travers l’ambiance du club décrite comme excellente et très familiale. Que ce soit dans les vestiaires ou sur la glace, l’esprit d’équipe est souvent mis en avant par les joueurs, qui évoquent un groupe soudé et solidaire. « Une bonne bande de potes », entend-on.
L’entraîneur confirme cet état d’esprit collectif « un pour tous, tous pour un ». « Il y a beaucoup de respect entre les joueurs et une volonté commune de réussir ensemble », ajoute-t-il.
« Tout le monde se connaît, tout le monde rigole ensemble, tout le monde est déçu quand on perd. »
Cette notion de famille se prolonge également dans la formation des jeunes, à laquelle les Renards accordent une importance particulière. En club formateur, l’OLHG s’appuie sur l’implication des joueurs de l’équipe senior, chacun prenant en charge une équipe de jeunes.
Une manière de transmettre les valeurs du club et de créer du lien entre les générations, comme le résume Gilbert Ledigarcher : « Tout le monde se connaît, tout le monde rigole ensemble, tout le monde est déçu quand on perd. »
Le club se distingue aussi par son ouverture, notamment à travers les joueuses féminines. Si elles restent minoritaires, les filles sont bien présentes au sein de l’OLHG. Selon le manager, plus de trente joueuses pratiquent aujourd’hui le hockey sur glace à Orléans, des plus jeunes, âgées de 5 ou 6 ans, jusqu’aux adultes.

Derrière l’équipe, le club peut également compter sur le soutien de ses partenaires. Évoluant en Division 2, les Renards bénéficient à la fois de partenariats financiers et d’échange, notamment avec des salles de sport ou des établissements de loisirs, permettant d’accompagner le développement du club.
Enfin, la vie de l’institution repose en grande partie sur le temps donné par ses bénévoles. Un engagement parfois difficile à maintenir, comme le reconnaît Gilbert Ledigarcher, mais qui n’empêche pas l’OLHG de conserver une identité forte et un esprit familial, où chacun contribue, à son échelle, au bon fonctionnement du club.
« Le club, ce n’est pas que du hockey »
Au-delà du sport, le club se distingue aussi par sa dimension humaine. Ouvert à tous, il accueille des joueurs venus d’horizons différents, y compris des étrangers. Il y a quatre ans, les Renards d’Orléans ont ainsi ouvert leurs portes à deux joueurs, l’un Ukrainien et l’autre Russe. Malgré le contexte politique, le club n’a pas hésité à les accompagner, illustrant une nouvelle fois son identité d’équipe familiale.
Comme l’explique Gilbert Ledigarcher, cette aventure dépasse largement le cadre sportif. À leur arrivée, le club s’est mobilisé pour les accompagner dans leurs démarches administratives afin qu’ils puissent rester en France. « Le club, ce n’est pas que du hockey », rappelle le manager.
Si les Renards gagnent et perdent ensemble sur la glace, l’humain reste au cœur du projet.
Coulisses et entraînement
Lors de la construction de l’équipe, le club ne s’arrête pas aux performances sportives. Le manager explique qu’ils s’intéressent avant tout aux ressources humaines : le recrutement est un travail collectif mené avec la présidente Florence Jones et les autres dirigeants, qui choisissent des joueurs motivés et sérieux, prêts à s’investir pleinement dans le club.
Les joueurs ne se contentent pas des matchs pour se corriger. Avant chaque entraînement, l’équipe se retrouve dans les vestiaires pour visionner leur dernier match afin de corriger leurs erreurs et préparer au mieux la prochaine rencontre.

Tous les soirs, sauf le mardi, les Renards effectuent un échauffement physique hors glace, avec un renforcement musculaire adapté : rappelons que l’équipement pèse environ 6 kilos pour un joueur et 8 kilos pour un gardien. Comme le souligne Gilbert Ledigarcher, « c’est le sport le plus rapide au monde sans moyen mécanique », demandant vitesse, agilité et équilibre.
Ce que confirmait l’entraîneur de l’équipe, avant son départ surprise il y a quelques jours (voir ci-dessous) : « Le hockey sur glace demande de nombreuses qualités physiques : de la force, de la vitesse, de l’explosivité, mais aussi la capacité de réfléchir tout en jouant. C’est un sport très intense, et même sans le connaître, on peut le ressentir en tant que spectateur. » Puis ils s’entraînent sur la glace.

Plus qu’un simple club, les Renards d’Orléans forment une grande famille qui, à son échelle, fait vibrer les supporters par son intensité et son sérieux. Partis de rien, ils continuent de jour en jour à évoluer et à rendre fier celles et ceux qui les suivent.
Et si vous étiez les prochains à rejoindre le terrier ?
Départ inattendu de l’entraîneur
Un événement est venu récemment ternir la belle dynamique des Renards d’Orléans. L’entraîneur Henri Holmström a annoncé sa démission du club le 22 janvier dernier.
La présidente du club, Florence Jones, a confié sa « sidération » à La République du Centre, évoquant que le coach lui avait envoyé un message au milieu de la nuit relatant son « stress » et sa volonté de se recentrer sur l’équipe de Division 2, alors qu’il devait aussi gérer les U20. « Le lendemain, je recevais sa lettre de démission. Sans explication », confiait-elle à La Rep’.
En attendant de trouver une solution plus adaptée, et alors qu’il ne reste qu’un mois et demi de compétition, le club a confié la gestion des entraînements à son attaquant russe Damir Shafeev. Le coaching est actuellement géré par le manager Gilbert Ledigarcher.
Khadija Afhim
Mise à jour du 22 février à 20h55 : ajout du podcast de l’émission La Rédac Pop.


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