
Ce sera un duel entre le Rassemblement national et Renaissance le 25 janvier prochain dans la première circonscription du Loiret. Le premier tour des élections législatives partielles anticipées a placé Tiffanie Rabault (Rassemblement national) et Stéphanie Rist (Renaissance, députée sortante) aux deux premières places de ce scrutin à cinq candidates et candidat. La gauche reste encore sur le côté, à onze voix près.
Onze voix ! C’est tout ce qui a manqué à Ghislaine Kounowski (divers gauche) pour accéder au second tour de la législative partielle de la première circonscription du Loiret !
Cette élection est organisée les 18 et 25 janvier, après la nomination de la députée sortante Stéphanie Rist (Renaissance) au poste de ministre de la Santé et le désistement surprise de son suppléant.
Celle-ci joue son avenir politique au cours de ce scrutin : elle a annoncé qu’elle démissionnera de son poste de ministre en cas de défaite. Si elle gagne, elle laissera la place de députée à sa nouvelle suppléante, Marie-Philippe Lubet, elle-même maire de Saint-Denis-en-Val.

Avec 27,1% des suffrages exprimés, Ghislaine Kounowski est devancée d’un cheveu par la candidate Rassemblement national Tiffanie Rabault (27,2%). Stéphanie Rist arrive en tête avec 33,9%, grâce notamment à un score important à Olivet (41,15%). Houari Belgherbi (LFI) prend la quatrième position avec 7,1% (et 12,99% à Orléans-La Source), suivi de Nicole Maurice (Reconquête) avec 4,8%.
Les réactions des candidates et du candidat à l’issue des résultats
NDLR : Houari Belgherbi (LFI) avait quitté la préfecture avant d’avoir pu être interrogé par La Rédac Pop et les journalistes présents sur place. Nous l’avons contacté par téléphone au lendemain.
77,1% d’abstention à Orléans-La Source
La participation très pauvre (28,6% de suffrages exprimés) ne permet pas l’instauration d’une triangulaire, la condition du rassemblement d’au moins 12,5% des personnes inscrites sur les listes électorales pour chaque candidat n’étant pas respectée sur ce scrutin. C’est d’ailleurs dans le secteur présentant le plus haut taux d’abstention, Orléans-La Source (77,1%), que Ghislaine Kounowski a réalisé son meilleur score (33,56%).
La candidate de gauche ne peut donc se maintenir au second tour. Cette absence d’électeurs et d’électrices a notamment été soulignée par Stéphanie Rist, affichant une posture de déception. « On ne peut pas se réjouir de ça », soutenait-elle. Interrogée sur les raisons de ce manque de participation, elle relatait qu’un grand nombre de personnes n’a pas reçu les documents de propagande et n’était pas bien informé sur cette élection. Un sentiment qui semblait partagé par les autres candidates et candidat.
Lors du scrutin précédent, en 2024, Ghislaine Kounowski avait appelé à faire barrage à l’extrême droite au second tour et ainsi voter pour sa concurrente de la majorité présidentielle.
À gauche, on se renvoie la balle
Questionnée à ce propos, elle a cette fois botté en touche, renvoyant les journalistes à un communiqué de presse qu’elle prévoyait de transmettre le lendemain. « On est un peu sous le coup de l’émotion », reconnaissait-elle, ajoutant que cette législative partielle n’aurait « pas dû avoir lieu, parce qu’il y a des engagements qui n’ont pas été tenus ».
Dans ce communiqué, transmis ce lundi soir, Ghislaine Kounowski rappelle ses « valeurs humanistes, sociales et républicaines, qui [lui] font rappeler qu’aucune des voix qui se sont portées sur [sa] candidature n’aille à la candidate du Rassemblement national ». Elle ajoute qu’elle « regrette » que Stéphanie Rist ne se soit « pas souvenue » de son précédent désistement au second tour des législatives de 2024, « ni dans ses votes, ni dans ses actes ».
Elle a aussi renvoyé la responsabilité de la désunion de la gauche à son homologue insoumis. « Ce sont eux qui sont partis les premiers, insiste-t-elle. Ce sont eux qui ont décidé une candidature de leur côté. »
De son côté, Houari Belgherbi, contacté par téléphone le lendemain, assure ne pas avoir de regret de ne pas avoir fait cause commune avec celle qui a fini troisième. « L’union de la gauche, aux yeux du Parti socialiste, n’existe plus en ce qui concerne La France insoumise, explique-t-il. Depuis les législatives de 2024, ils ont fait le choix de ne plus respecter l’accord qui était celui du Nouveau Front populaire. »

Consignes de vote… ou pas
En vue du deuxième tour, le candidat LFI donne une consigne de vote, similaire à celle que Jean-Luc Mélenchon avait lancée lors des dernières présidentielles : « pas une voix pour le Rassemblement national ».
Tiffanie Rabault ne pourra, d’ailleurs, pas compter sur un soutien direct de l’autre candidate d’extrême droite. « Nos électeurs ne nous appartiennent pas », affirmait Nicole Maurice au soir du premier tour.
Le faible score de cette dernière n’aurait de toute façon pas apporté une réserve de voix susceptible d’inquiéter Stéphanie Rist. Sauf surprise, la ministre de la Santé semble bien partie pour se maintenir à son nouveau poste parisien, avenue Duquesne. Et Saint-Denis-en-Val devra alors se trouver un nouveau maire, à deux mois des élections municipales. Un vrai jeu de chaises musicales !
À lire aussi sur notre site. Nos journalistes citoyens et citoyennes font la rétro 2025
Thomas Derais
Mise à jour du lundi 19 janvier à 21h02 : ajout des éléments provenant du communiqué de presse de Ghislaine Kounowski


![[Pépites pop-rock, épisode 6] « Word Gets Around » de Stereophonics, un album parmi les grands du Royaume-Uni](https://laredacpop.org/wp-content/uploads/2026/07/Stereophonics-Elysee-Montmartre-2.jpg)



