
96 jeunes enfants âgés de 7 à 12 ans et issus de quartiers prioritaires de la ville d’Orléans ont reçu des instruments de musique dans le cadre du dispositif Démos en partenariat avec la Philharmonie de Paris, samedi 18 janvier au théâtre Gérard-Philipe, dans le quartier de la Source.
Des enfants issus de quartiers prioritaires de la ville d’Orléans ont reçu, samedi 18 janvier, des instruments de musique dans le cadre du dispositif Démos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale), au théâtre Gérard-Philipe.
Cette cérémonie de remise d’instruments entre dans le cadre d’une politique de démocratie culturelle de la part de la Ville, en partenariat avec la Philharmonie de Paris. La cérémonie est aussi le premier concert de la deuxième cohorte qui a débuté en septembre 2024.
Elle a commencé par un numéro de danse de la part des enfants participants au dispositif accompagné de l’Orchestre symphonique d’Orléans. Un spectacle de danse coloré, rappelant l’approche du printemps. Ensuite, les enfants, accompagnés de leurs parents, ont chanté une berceuse cosaque, entonnée en français et en ukrainien, toujours accompagnés de l’Orchestre.
Trois ans et plus si affinités
Les enfants venant de différents centres sociaux de la ville ont reçu leurs instruments. Des violons, des violoncelles, des contrebasses et des altos ont été distribués pour les cordes. Des trompettes, des tubas et des flûtes ont aussi été attribués. Ils vont pouvoir apprendre à utiliser ces instruments pendant trois ans et pourront produire un concert d’ici 2027.

Les différents partenaires ont prononcé des discours pour inaugurer cette cohorte et remercier tous les organismes ayant participé à ce dispositif. “Ce projet est à la fois musical et social aussi, et il est mené conjointement par des intervenants artistiques et sociaux. […] Chaque atelier est encadré par deux intervenants artistiques et deux intervenants sociaux”, énonce Benoît Barberon, administrateur général de l’Orchestre d’Orléans.
Inclusion sociale et culturelle
Cela fait quinze ans que le dispositif Démos existe. Mis en place en 2010 par la Philharmonie de Paris, on trouve près d’une cinquantaine d’orchestres dans toute la France. Le dispositif a été lancé en faveur d’une démocratisation culturelle par la pratique musicale. Les travaux social et artistique sont combinés ensemble pour proposer un apprentissage de la musique classique à des enfants n’ayant pas les moyens d’y accéder pour des raisons économiques, sociales ou démographiques. Ces enfants viennent de quartiers prioritaires ou de zones de revitalisation rurale, éloignés des lieux de pratique.
Le dispositif rend accessible la pratique musicale auprès de tous. Il donne des chances pour intégrer le Conservatoire et continuer des études en lien avec la musique. Un instrument est prêté aux jeunes pour une durée de trois ans. Ils pourront le garder s’ils continuent leurs études dans le domaine musical. Les parents sont encouragés à participer à la chorale. C’est une volonté du dispositif de rendre ce projet plus familial. Quelques parents ont exprimé leur fierté de voir leurs enfants sur scène et recevoir leurs instruments, et leurs gratitudes.
Des parents ravis
Ci-dessous, quelques témoignages de parents rencontrés mêlés à l’ambiance musicale de cette matinée au théâtre Gérard-Philipe.
L’accès à la culture est encore inégalitaire aujourd’hui, sachant que c’est un droit de l’homme inscrit dans la Constitution française. Depuis le début de la Ve République, l’État a lancé des politiques de lutte contre l’exclusion sociale et culturelle qui ont plus ou moins fonctionné.
La question de l’inégalité d’accès à la culture a été posée de nombreuses fois et fait l’objet d’études approfondies par des sociologues, des organismes de recherches et des auteurs reconnus. Le premier qui vient à l’esprit est Pierre Bourdieu, qui explique que les pratiques culturelles des Français sont influencées par leur capital et leur habitus.
Dans ce cas, le dispositif Démos, en s’alliant à différentes structures locales, démocratise à des personnes issues de milieux plus modestes l’accès à une culture dite “riche” et vue comme plus « légitime ».
Salimatou Sylla


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