10 ans après les attentats de janvier, la lutte pour la liberté d’expression continue à Orléans

Le rassemblement s’est tenu face à la statue « Liberté », place de la République. Photo Salimatou Sylla

Pour la commémoration des 10 ans des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, un rassemblement a été organisé par l’association Laboratoire Loiret de la Laïcité. Une centaine de personnes était réunie sur la place de la République, devant la statue La Liberté, symbole fort à Orléans.

Il y a dix ans, la France s’est retrouvée face à l’horreur des attaques meurtrières dans l’ancien local du journal satirique Charlie Hebdo et dans l’Hyper Cacher de Vincennes, et du meurtre d’une policière à Montrouge.

Un rassemblement a été organisé le mardi 7 janvier à Orléans, sur la place de la République, par le Laboratoire Loiret de la Laïcité. La secrétaire de l’association a notamment prononcé un discours devant une centaine de personnes pour rappeler que la liberté d’expression est plus que menacée et qu’il faut continuer à la défendre.

Après cette prise de parole, une minute de silence s’est tenue en hommage aux victimes et les participants ont chanté en chœur la Marseillaise dans une ambiance triste, mais remplie d’espoir. 

Le combat continue

Les manifestants se sont exprimés au micro de La Rédac Pop en nous expliquant l’importance d’honorer la mémoire des victimes et de montrer que le combat continue pour préserver la liberté d’expression.

Un jeune homme venu avec sa mère explique que ces attentats ont marqué toute une génération. Il avait 21 ans quand ces événements ont eu lieu. Aujourd’hui, il en a 31. Il remarque une augmentation de la violence dans le débat politique et publique, et estime qu’il faut continuer de se battre pour préserver la liberté de la presse. 

Selon lui, la liberté d’expression est “débridée” comme aux États-Unis et elle a ses limites que le journal Charlie Hebdo n’a jamais dépassées. Selon lui, la liberté de blasphème n’est pas présente partout dans le monde et “critiquer une religion en réalité, ce n’est pas critiquer les personnes croyantes”. Il souligne que c’est “important de le redire”. 

“Discuter et se comprendre”

Une femme était dans le cortège avec son fils. Selon elle, les jeunes n’ont pas conscience des limites de la liberté d’expression avec les réseaux sociaux. Tous deux racontent qu’après les attentats, il y a eu une prise de conscience, une sorte de mouvement populaire médiatique pour la liberté d’expression. “L’important est de discuter et de se comprendre” et de prendre conscience “que l’on a le droit de ne pas être d’accord”.

Deux femmes se disent encore horrifiées et révoltées par ces massacres de journalistes : “Quand on est dessinateurs de presse, la loi française nous autorise à nous exprimer librement, à faire des dessins que l’on apprécie ou pas.” Pour elles, venir à ce rassemblement est un devoir de souvenir pour continuer la lutte, malgré toutes les autres tragédies qui ont eu lieu comme les meurtres de Samuel Paty en 2020 et de Dominique Bernard en 2023. 

Certains de ces participants avaient assisté aux rassemblements de 2015, l’un place du Martroi à Orléans et d’autres place de la République à Paris. Deux manifestations dans lesquelles toutes les générations étaient représentées, avec des crayons, des caricatures de Charlie Hebdo pour exprimer l’importance du dessin de presse. Un moment spontané en réaction à ces événements. 

Dix ans après, le souvenir reste intact et le combat continue pour la liberté d’expression, de la presse et pour la laïcité.

Salimatou Sylla