
Le jeudi 5 décembre à Orléans-La Source, la compagnie du Théâtre Charbon proposait une sortie de résidence pointant du doigt la montée globale du nationalisme. Son directeur, Thierry Falvisaner, avait invité au théâtre Gérard-Philipe des étudiants du lycée Jacques-Monod de Saint-Jean-de-Braye. Ces derniers ont assisté à une présentation d’un extrait de sa nouvelle pièce intitulée Alpenstock, dernière représentation du huitième festival Enracinement/Déracinement.
La compagnie du Théâtre Charbon n’est pas seulement l’organisatrice du festival Enracinement/Déracinement. Il y a un mois, le jeudi 5 décembre, elle a présenté une étape de son travail sur la pièce Alpenstock. Cette présentation a été faite au théâtre Gérard-Philipe d’Orléans-La Source, devant notamment des étudiants de l’option théâtre du lycée Jacques-Monod de Saint-Jean-de-Braye.
L’occasion pour La Rédac Pop d’échanger avec Thierry Falvisaner pour conclure cette huitième édition du festival et de revenir sur l’avenir du festival, au regard du succès de cette édition.
« Le nationalisme est partout »
C’est en 2004, suite à une commande, que Rémi de Vos produit la pièce Alpenstock, plusieurs fois interprétée. Thierry Falvisaner a lui aussi proposé sa mise en scène de ce texte. À l’origine, il s’agissait d’une commande pour narrer la montée du nationalisme en Autriche.
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Hyperbole de tous les clichés, Alpenstock analyse le discours d’une société traversée par « le bon sens » conservateur ayant banalisé la déshumanisation de l’autre. Ayant des aspects tragiques, Alpenstock reste une pièce drôle mettant en avant le ridicule des conservateurs.
À l’issue de la représentation, Thierry Falvisaner et les comédiens ont proposé un « bord-plateau » afin d’avoir un premier retour sur leur vision très contemporaine de la pièce. Le directeur de la compagnie du Théâtre Charbon estime que « c’est un texte qui résonne différemment » aujourd’hui. La montée du nationalisme dans plusieurs régions du monde tend à faire résonner ce texte plus largement que les contrées autrichiennes.
Les échanges du bord-plateau avec le lycée Monod
La dernière édition du festival ?
Le lendemain de cette dernière représentation, à l’issue d’une intense programmation, La Rédac Pop est revenue avec Thierry Falvisaner sur le déroulement de cette huitième édition du festival Enracinement/Déracinement.
L’artiste commence par souligner la forte présence de publics scolaires tout au long de la programmation. Il a salué la jeunesse qui a réalisé un réel « pas de côté artistique ». Il s’est montré admiratif du regard nouveau « joyeux et grave » de la jeunesse sur des questions de société.
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Une jeunesse « moins formatée » qui s’autorise à questionner les évidences. Le directeur de la compagnie du Théâtre Charbon insiste sur l’importance de réunir des publics diversifiés autant en âge que sociaux. Les regards croisés sont selon lui fondamentaux, d’autant plus lorsque les enfants partagent leur naïveté.
Réduction des aides publiques
Si cette rencontre a pu se réaliser, il ne faut pas en méconnaître la cause : l’investissement de la compagnie, ainsi que des professeurs de l’Éducation nationale.
Thierry Falvisaner rappelle ainsi la nécessité pour les collectivités d’investir dans de tels projets. Pour que ces évènements voient le jour, il faut que « les établissements et les structures artistiques aient les moyens ».
Le soutien public et les retours de la presse étaient au rendez-vous, mais les réalités économiques poussent à questionner l’avenir du festival. Ce dernier peut se renouveler chaque année principalement grâce aux subventions publiques qui tendent à se réduire. Si Thierry Falvisaner ne remet pas en cause le soutien qu’il a reçu, il n’en demeure pas moins que celui-ci reste « modeste par rapport à l’ampleur du travail ».
Interview de clôture du festival avec Thierry Falvisaner
Steven Miredin


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